Baisse de la production de lait due à l’explosion des prix des aliments pour animaux

By | September 21, 2022

L’information nous a été confirmée par deux sources proches de la filière, notamment l’Association régionale des éleveurs de bovins de Casablanca-Settat.

Une baisse de production jusqu’à 50%

Selon notre première source qui vient de terminer une étude de terrain, « dans la zone des Doukkala Le nombre de troupeaux laitiers a chuté de 50 % depuis la crise du Covid, soit entre 2019 et 2022..

Ce « Les petits agriculteurs sont les plus durement touchés par la situation actuelle, qui se caractérise notamment par l’augmentation continue des prix des aliments pour animaux ».

“Ces éleveurs, qui avaient quatre à cinq vaches avant la pandémie, n’en gardent plus que deux à trois, soit une réduction de près de moitié”, regrette notre interlocuteur.

« Ces derniers ont dû vendre leur bétail pour survivre, et surtout financer l’alimentation d’autres vaches, qui est devenu très cher. »

Même constat à l’Union régionale des éleveurs de bovins de Casablanca-Settat. Notre source le confirme « La production de lait dans la région en baisse de 40% par rapport à 2019, année de référence avant la crise du Covid. Cette baisse concerne le lait transformé, qui est le seul répertorié. Le colportage n’est pas compté.”

Selon notre interlocuteur, cette situation s’explique par la “Augmentation des coûts des matières premières“.

A noter que selon les derniers chiffres publiés sur le site du ministère de l’agriculture, la filière laitière dans son ensemble 1,2 million de têtes, produire 2,55 millions de litres par jour. 90% des petites exploitations réalisent 70% de la production. Ce sont des fermes de cinq à dix vaches. Le reste est assuré par des exploitations de taille moyenne (entre dix et cent vaches) et de grandes exploitations.

See also  Préparations à base de miel pour sportifs

En termes de production, la productivité des races pures en 2009 était d’environ 3 500 litres/vache/an. Ceci a été atteint 4 200 l/vache/an en 2019. A son tour, la productivité du croisement est passée de 1 250 l/vache/an en 2009 2 300 litres/vache/an en 2019.

Ce sont les derniers chiffres officiels publiés sur le portail du ministère de l’Agriculture. Malgré plusieurs tentatives pour se faire son avis sur la baisse constatée par les professionnels du domaine, mais aussi pour connaître les chiffres actualisés du secteur pour l’année en cours, le ministère est resté injoignable.

Le prix du kg d’aliments pour animaux est passé à 5 DH

Selon notre première source, « le kilogramme d’aliments composés pour le bétail doublé d’environ 2,5 DH à 5 DH après deux à trois ans. Une augmentation due la flambée des prix des matières premières particulièrement utilisé au niveau international dans la production d’aliments composés Maïs et soja ».

« Certes l’Etat a fait des efforts pour subventionner l’alimentation du bétail à hauteur de 2,80 DH ou 3 DH/kg, ce qui a permis aux éleveurs de gagner 2 DH/kg par rapport au prix de vente, mais cette aide fut de courte durée. »

« De nombreux producteurs qui en ont bénéficié ont été soulagés, mais cette subvention n’a duré que trois mois. Le ministère de l’Agriculture avait promis aux éleveurs une deuxième tranche, qui ne s’est malheureusement pas concrétisée. »

See also  Petit déjeuner : pourquoi est-ce important ?

“La cessation de ces subventions a coïncidé avec l’été, autour des mois de juin à août, et l’accentuation de la sécheresse et des températures élevées qui ont considérablement abaissé les niveaux des puits et des eaux souterraines, ce que les producteurs ont passé à faire. un été très difficile et début septembre dans la même situation. »

Un constat encore confirmé par notre interlocuteur à l’association régionale Casa-Settat, qui produit environ 3 000 litres de lait par jour. « L’alimentation du bétail, qui représentait 50 % du prix de revient, est passée à 70 % », confie-t-il.

« La ration repas qui coûtait 80 DH me coûte maintenant 105 DH. Cela signifie qu’avant la crise du Covid, une vache consommait 80 DH d’aliments par jour. Ma marge brute à l’époque était de 40 DH. Désormais, une vache consomme 105 DH d’aliments par jour. Ma marge brute est donc tombée à 15 DH. »

« Je dois payer toutes mes dépenses sur cette marge, notamment l’énergie, le personnel et l’amortissement du matériel, des bâtiments et des animaux. C’est tout simplement impossible car ils me coûtent 30 DH par jour. Nous fonctionnons actuellement à perte. »

« Nous espérons que la situation va s’améliorer. Personnellement, je me donne jusqu’en mai ou juin 2023 pour changer de métier », confie notre interlocuteur.

See also  Jeûne 16/8 : LA solution efficace pour former une silhouette tombante cet automne et sans effet yo-yo ?

“Je pense que l’Etat devrait Libéraliser complètement les prix du lait à la consommation, comme ce fut le cas avec le pétrole, qui est un produit plus stratégique. L’élevage laitier fait vivre des centaines de milliers de consommateurs », conclut-il.

Éleveurs attentistes

“Par conséquent, les producteurs de lait attendent dans une situation difficile”, souligne notre professionnel de l’industrie. “Ils attendent juste la prochaine pluie. Jusque-là, essayez de tenir le coup. »

« Certains producteurs ont complètement vidé leurs exploitations car ils ne peuvent plus fonctionner à perte ; le coût de production est très élevé par rapport à ce que paient les laiteries. »

” Ce coûts de production passé de 3 DH à 5 DH/l tandis que Le lait est vendu à 4 DH/l maximum aux usines. »

« Les agriculteurs comptent toujours sur une augmentation des prix à la production des laiteries si nous voulons maintenir la production laitière actuelle. De leur côté, les usines ne sont pas libres d’augmenter le prix de vente du lait de consommation pour compenser l’augmentation souhaitée de la production laitière. C’est une équation très difficile à résoudre, mais l’État doit trouver une solution », conclut-il.

Rappelons qu’en juillet dernier, les principaux producteurs de lait Centrale et Copag ont augmenté les prix des produits laitiers UHT. Centrale Danone a ouvert le bal et Copag a emboîté le pas. L’augmentation a été en moyenne de 1,4 DH/litre UHT.