Burkina Faso : les OSC appellent au développement de systèmes alimentaires durables

By | October 13, 2022

Les Organisations de la Société Civile (OSC) ont organisé un atelier suivi d’une conférence de presse le 13 octobre 2022 sur les résultats de leur participation au processus de construction de voies nationales pour des systèmes alimentaires durables. L’entretien en face-à-face avec les représentants des médias visait à présenter les voies nationales pour parvenir à des systèmes alimentaires durables et la feuille de route proposée par les OSC pour leur opérationnalisation afin de faire de la souveraineté alimentaire une réalité.

Le Burkina Faso, comme d’autres pays, a participé au Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires en septembre 2021. Une rencontre visant à développer une vision partagée des systèmes alimentaires durables. Les organisations de la société civile ont participé activement à la préparation de ce sommet, notamment à travers les consultations nationales initiées par le Premier ministre de l’époque.

L’analyse des systèmes alimentaires à cette époque, malgré les possibilités dont disposait le pays, a constaté qu’ils ne permettaient pas d’assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle de la population burkinabé. Ceci est principalement dû au fait que le Burkina Faso est fortement dépendant du marché international, sans compter la croissance démographique et la concentration urbaine qui provoquent une croissance rapide, le faible niveau d’éducation de la population qui ne leur permet pas d’utiliser des méthodes agricoles innovantes , une transformation alimentaire peu développée et la mauvaise qualité des aliments causée par l’utilisation anarchique des pesticides.

Souleymane Yougbaré du Conseil National de l’Agroécologie
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Les consultations nationales menées sur les stratégies nationales et les dynamiques de production, de transformation, de fortification, de conservation et de commercialisation ont permis d’identifier des pistes nationales pour construire des systèmes alimentaires durables.

Selon Souleymane Yougbaré du Conseil national de l’agro-écologie, qui a prononcé le discours introductif, les principaux engagements de part et d’autre portent essentiellement sur la constitutionnalisation du droit à une alimentation saine, variée et équilibrée, la promotion d’au moins 30% des terres ensemencées d’ici 2040, en allouant 1% du budget de l’Etat à la recherche et 10% exclusivement aux investissements dans le secteur agricole. A cela s’ajoute le soutien des maillons de l’agro-alimentaire, du transport, du stockage et de la commercialisation.

Ces différents engagements tardant à se concrétiser par des actions concrètes, les OSC entendent poursuivre les discussions avec le Premier ministre sur leur mise en œuvre, adopter la stratégie nationale de développement de l’agroécologie, et s’engager davantage dans un meilleur suivi des engagements.

Marc Gansonré, secrétaire général de l’Union des agriculteurs du Faso
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Selon Marc Gansonré, secrétaire général de la Confédération paysanne du Faso, ce communiqué de presse permettra d’attirer l’attention des gouvernements sur un problème commun, à savoir assurer à la population une alimentation suffisante, quantitative et de qualité. “Pour inverser la tendance, il faut avoir le courage, la volonté d’aller de l’avant, ainsi que des politiques et des orientations cohérentes qui puissent amener ce développement harmonieux dont nous avons besoin… Aujourd’hui nous n’avons pas besoin de ‘nous n’avons pas besoin de très grands Pour la production, nous devons intensifier ce qui n’est possible qu’avec une série de packages techniques et technologiques », a-t-il ajouté.

Repenser les systèmes alimentaires pour les rendre plus performants et répondre aux besoins nutritionnels de la population, c’est ce qu’attendent les organisations de la société civile.

Armelle Ouédraogo/Yameogo

Lefaso.net