Charles Noé Abouo, basketteur – écrivain : Bien manger pour mieux jouer

By | November 21, 2022

C’est incroyable comme une simple conversation peut changer le cours d’une vie. Nous sommes en 2008 : dans l’Utah, l’étudiant de première année Charles Noé Abouo dévore un burger, des frites et un chocolat chaud au milieu du campus de l’université Brigham Young. Un inconnu passe devant lui et lui crie : « Tu ne devrais pas manger ça une heure avant l’entraînement ! » Cet homme, Ron Hager, devint plus tard l’un de ses professeurs. “Bien sûr que j’étais en colère”Elle sourit au principal intéressé quatorze ans plus tard. “Mais au moins c’était la première fois que je me demandais ce que je mangeais. » De ces conseils est née une véritable passion, concrétisée par la publication d’un livre de 270 pages sur la nutrition.

Des allers-retours chez McDonald’s à passer quatre ans à écrire sur la nutrition

A l’instar d’Hervé Touré, auteur de plusieurs essais sur les médias, Charles Noé Abouo (33 ans) fait désormais partie de la catégorie maigre de basketteur – écrivain. Quatre années de travail lui ont permis de donner vie au livre Mangez bien, jouez mieux : principes de base de la nutrition » (se traduit par “Eat Well, Play Better: The Basics of Nutrition”), rédigé en anglais et conçu comme une compilation de conseils pour les athlètes. “Ça m’a pris tellement de temps parce que je ne savais pas écrire un livre”, il rit. D’un point de vue personnel, ce désir d’écrire relève d’une habitude de jeunesse. Ainsi l’Ivoirien a grandi avec plusieurs ouvrages écrits par des sportifs comme Le régime All Pro par Tony González Courez vite, mangez lentement par Elyse Kopecky et Shalane Flanagan. “Eat Well, Play Better est un livre que j’aurais aimé lire quand j’étais plus jeune”il nous dit. « Le but était d’écrire quelque chose de pratique qui pourrait aider les sportifs qui ne savent pas vraiment bien manger, qui ne connaissent pas leur corps, qui ont besoin d’une base. Vous pouvez y trouver de bonnes habitudes. » Le rendu final est assez convaincant, agréable à lire et assez pédagogique.

Un panier de courses typique de Charles Noé Abouo

Charles Noé Abouo commence par décrire son propre rapport à la nourriture, fortement influencé par son émigration à Chicago à l’âge de 7 ans. “Deux heures après notre arrivée, nous nous sommes arrêtés au centre-ville pour notre premier déjeuner américain”il a écrit. “Je me souviens de l’odeur de frites chaudes sortant des bouches d’aération du McDonald’s. Cet après-midi-là, je me suis perdu dans les tunnels de la cour de récréation et j’ai reçu mon jouet Hercule qui était inclus dans le menu des enfants. J’étais ravi. Ma première expérience chez McDo a été meilleure que tout ce que je pouvais imaginer. Je me sentais comme un Américain. La publicité va alors l’orienter vers de nouvelles découvertes gustatives, toutes aussi savoureuses que nocives pour sa santé à long terme. À 17 ans, sa dernière année au lycée Logan, son petit-déjeuner se compose d’un bol de granola à la cannelle accompagné d’un verre de Gatorade. Puis vers midi “Un voyage à McDo n’en faisait plus partie [ses] rêves d’enfant, mais un de ses déjeuners de routine”. Donc jusqu’à ce que Ron Hager intervienne.

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L’arrivée en Europe, une nouvelle vision de la nutrition

À l’époque, un hamburger à la main, l’ailier de Portel s’est demandé ce qu’il devrait manger à la place. “Comme je prenais le basket très au sérieux, j’étais intéressé par tout ce qui pouvait m’aider à mieux jouer.”, se souvient-il. Il commence alors à suivre le cours du professeur Hager sur les maladies chroniques, mais a d’abord du mal à saisir son intérêt. “Tout ce que je voulais à l’époque, c’était recueillir des informations qui m’aideraient à être en meilleure forme, à améliorer mes compétences défensives et à obtenir plus de paniers. Quand il a commencé à parler de maladies chroniques, je n’ai rien compris. J’aurais aimé découvrir le secret plus tôt : les mauvaises habitudes alimentaires qui peuvent entraîner des problèmes de santé à long terme sont les mêmes qui peuvent immédiatement contribuer à de mauvaises performances sportives. » Alors il tire le fil de la pelote et “Découvrez beaucoup de choses intéressantes” : les bases de la nutrition, la nutrition, le fonctionnement du corps humain, l’anatomie, etc. Beaucoup de ses cours avec Brigham Young étaient d’ailleurs consacrés à cette question. « C’était extrêmement intéressant pour un jeune athlète de 19 ans qui n’a pas le meilleur style de vie. J’ai appris beaucoup de choses que j’ai ensuite pu mettre en pratique au cours de ma carrière professionnelle. »

Abouo vit les beaux jours du Portel depuis 2020 (Photo : Christophe Canet)

Une carrière de basketteur, dont il a également pu profiter pour enrichir encore ses connaissances. Charles Noé Abouo, Africain né en Amérique, a découvert un troisième continent, l’Europe, passant d’abord deux saisons en Espagne avant de s’installer en France en 2016. Révéler des différences culturelles majeures… « Il y a beaucoup de mauvaises influences sur l’alimentation aux États-Unis : c’est facile de tomber dans de mauvaises habitudes et c’est normal parce que tout le monde le fait. En Europe, nous avons une alimentation beaucoup plus équilibrée. Quand on parle de bonne bouffe, c’est normal ici, alors qu’aux États-Unis… J’ai appris beaucoup de mes bonnes pratiques en Europe. » Par conséquent, hors barrière de la langue, son œuvre ne s’adresse pas forcément au public français, car un credo martelé semble plus évident de ce côté-ci de l’Atlantique, comme l’un de ses grands principes, réitéré au fil des chapitres : toujours préférer le sain, le naturel. Produits alimentaires versus produits transformés. Bien sûr, son livre contient également de nombreux termes plus avancés, basés sur les micronutriments, les macronutriments, les vitamines et les minéraux, ou des conférences sur les propriétés de différents types d’aliments. L’ailier hors pair décrit également ses habitudes de sportif avant un match : un dîner copieux et équilibré la veille, une bonne nuit de sommeil, beaucoup d’eau dans la journée, un déjeuner glucidique mais plus léger en protéines et en lipides, une collation Trois Heures avant la pause, des fruits dans le vestiaire… S’agit-il d’un lectorat particulièrement ciblé et donc limité ? “Le but n’est pas forcément de vendre le plus de livres possible”il assure. “C’est plus un projet personnel de pouvoir partager mes connaissances avec des personnes intéressées car on m’a souvent posé des questions. »

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Poulet Kedjenou, un plat ivoirien

Chef accompli, Charles Noé Abouo propose également ses 35 recettes préférées, des entrées aux desserts, du petit-déjeuner au dîner, des smoothies aux soupes. Tout y passe : ses pancakes flocons d’avoine et banane, ses 1 001 façons de cuisiner le riz, sa soupe préférée (au butternut), sa salade de sardines, son combo pois chiches-curry-épinards, son poulet kedjenou (plat ivoirien), son gâteau aux amandes, etc. Et si le quinoa n’est pas exactement la base de votre alimentation, pas d’inquiétude ! “Les hamburgers et les glaces font toujours partie de ma vie, mais pas les Big Mac et les popsicles du Klondike. A un moment je pensais encore que c’était nocif, mais en fait rien n’est mauvais, il n’y a que de mauvais ingrédients. Vous pouvez manger sainement et en profiter. Vous pouvez manger de la pizza et vous sentir bien. Par exemple, je connais une boulangerie qui fait du pain au levain bio : je fais ma pâte à pizza à partir de leur levain, j’ajoute des tomates, de la mozzarella, du basilic, des légumes et c’est très, très bon. » Cette relation avec les concessionnaires de Portel est un parfait exemple des nouvelles routines de l’ancien ailier de Denain, Fos-Provence et Blois. dans le Mangez bien, jouez mieuxil élargit ses habitudes d’achat. “Grâce à la France j’essaie de manger local”il précise. « Opérer en court-circuit vous coûte souvent moins cher ! Vous connaissez aussi le producteur, sa façon de travailler, c’est du tout bon ! »

Quelle est la distance entre McDonald’s et Chicago ?

Il y a aussi beaucoup à dire sur Abouo d’un point de vue purement basket. A l’heure où le Qatar défraye la chronique pour l’ouverture de la Coupe du monde de football, il est l’un des rares pensionnaires de Betclic ELITE à avoir traversé le minuscule émirat en 2015/16 et notamment remporté le trophée du meilleur défenseur du championnat de son temps. à Al-Khor (25,8 points à 42%, 12,2 rebonds, 4,6 passes et 3,7 interceptions). C’est alors qu’il est découvert par Jean-Christophe Prat (un autre…), ouvrant les portes du Hainaut Club à ce qui semble être un tournant majeur dans sa carrière. Bien qu’il se soit rapidement familiarisé avec le gratin mondial, le natif d’Abidjan a disputé une Coupe du monde en 2010 dès l’âge de 20 ans. Le natif d’Abidjan présente donc une évolution respectable des ligues peu connues d’Égypte ou de la première division française d’Arabie saoudite, où il s’est installé à la table des meilleurs joueur à double sens (un joueur qui peut exceller en attaque et en défense, ndlr) après l’avoir découvert alors qu’il avait plus de 30 ans. Une hausse liée à ses habitudes alimentaires ? “Ça a eu un impact positif sur ma carrière et sur ma santé”il appelle. “Une fois que j’ai vu la différence, réussir sur le terrain est devenu une passion et une solution. »

D’autres livres en préparation…

Pourtant, Charles Noé Abouo, affilié à l’ESSM Le Portel jusqu’en 2024, n’envisage pas d’avenir de nutritionniste une fois ses baskets raccrochées. D’un autre côté, le vainqueur des Playoffs Pro B 2018 (avec Fos) s’imaginerait reprendre sa plume pour écrire plus de livres. “J’ai d’autres problèmes en tête, comme la performance globale. La nourriture fait partie de l’exploit, ce qui m’inquiète certainement plus que d’autres, mais c’est une combinaison de beaucoup de choses. Il y a d’autres aspects de mon expérience que j’aimerais partager. Personnellement, la lecture de témoignages d’autres athlètes m’a inspiré et motivé, alors pourquoi ne pas en faire de même sur mon site ? » Pour s’assurer que sa bonne parole continue de profiter à certaines des plus grandes personnalités du sport, il a débarqué deux de ses amis Brigham Young, son premier travail déjà entre les mains de l’ancien centre supérieur de l’EuroLeague Brandon Davies ou de l’ex-superstar académique Jimmer Fredette. Deux personnes qui l’ont d’abord vu se préparer à l’entraînement en avalant des hamburgers industriels à la place des légumes des vergers de la Côte d’Opale. Une vie différente…

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Le livre de Charles Noé Abouo est disponible en e-book ou en version imprimée sur la plateforme Amazon

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21 novembre 2022 à 7h00

C’est incroyable comme une simple conversation peut changer le cours d’une vie. Nous sommes en 2008 : dans l’Utah, l’étudiant de première année Charles Noé Abouo dévore un burger, des frites et un chocolat chaud au milieu du campus de l’université Brigham Young. Un inconnu passe devant lui et lui crie : “Tu ne devrais pas manger ça une heure avant l’entraînement…