Comment atteindre l’autonomie et l’autosuffisance alimentaire ? Éléments de réponse utilisant le Varois Bernard Astruc

By | September 16, 2022

Le Lorguais Bernard Astruc animera ce samedi 17 septembre une conférence consacrée à l’Autonomie et l’Autosuffisance Alimentaire Durable.

L’orateur, qui se veut le représentant d’un mouvement agro-socio-bio-écologique depuis plus d’un demi-siècle, en profitera pour vanter les vertus d’une agriculture biologique locale de qualité qui, selon lui, est la seule option pour assurer assurer la sécurité alimentaire sur la planète.

Pouvez-vous nous présenter le concept d’autonomie alimentaire ?

L’autonomie alimentaire signifie la capacité de produire de la nourriture sans l’aide de produits chimiques (engrais, pesticides…). Ce concept complète le concept d’autosuffisance qui définit la capacité à produire en quantité suffisante. L’autonomie et l’autosuffisance alimentaires sont impératives pour assurer une nutrition durable. Ces deux termes font référence à la responsabilité écologique des agriculteurs.

A quelle échelle est-il pertinent de raisonner ?

Le département doit être autonome. Ce n’est pas le cas actuellement, ni dans le Var ni dans le monde. Notre système agricole dépend fortement du fret et des produits pétrochimiques. La moindre crise énergétique ou même le moindre embargo risque de les miner et de provoquer de véritables pénuries alimentaires. Nous n’avons plus la capacité de nous nourrir. En 1956, un hiver particulièrement rigoureux paralysa le département pendant plusieurs semaines sans provoquer de famine. Cette situation serait insupportable aujourd’hui.

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Que peut-on faire pour inverser cette tendance ?

La première étape consiste à changer les pratiques agricoles et à privilégier la diversification, la rotation des cultures et la biodiversité plutôt que la rentabilité. La mondialisation a conduit à une planification agricole déséquilibrée qui doit maintenant changer. Les autorités doivent accompagner les agriculteurs dans cette démarche. Les citoyens peuvent aussi agir à leur échelle en privilégiant les produits bio locaux.

Le Var est-il capable de subvenir à ses besoins ?

Oui, certainement! De nombreuses zones agricoles ne sont pas cultivées en raison de la spéculation foncière. De même, l’abondance de la viticulture exerce une forte pression sur le département. Les lois doivent être modifiées pour améliorer l’accès aux terres agricoles. Tout ce qui peut être cultivé devrait l’être. Il est tout à fait possible de ne manger qu’un régime méditerranéen traditionnel. Il est également très équilibré d’un point de vue nutritionnel.

Ce système est-il durable ?

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Nous avons tendance à oublier que la nature fonctionne par elle-même. Elle est capable d’une grande résilience. Dans un souci de rentabilité, la déforestation, les labours profonds et la pétrochimie ont créé de nombreux déséquilibres et appauvri les sols. L’agriculture biodynamique est plus respectueuse de l’environnement. Il permettra de rétablir un cercle vertueux éco-conscient capable de s’auto-entretenir. Les économies réalisées sur les machines, les engrais et les produits phytosanitaires réduiront à terme les coûts de production à grande échelle.


Information : Conférence de Bernard Astruc ce samedi à 12h à l’Entrepôt du Bricolage (Route de Draguignan) à Lorgues.