Coupe du monde de football au Qatar : le boycott aura-t-il lieu ?

By | September 16, 2022

” Sans nous “. La première page du 13 septembre journal de la réunion est clair. « Au nom de ses valeurs Le quotidien Boycott de la Coupe du monde 2022 »peut-on lire dans le sous-titre.

Beaucoup parlent de ce boycott de la Coupe du monde, qui aura lieu au Qatar du 28 novembre au 18 décembre, mais aucun débat public, civique ou politique n’est vraiment organisé. Pourtant, il y a assez de polémique : entre l’enquête sur la corruption en attribuant l’événement au Qatar (où figurent les noms de Sarkozy et de Platini), l’enjeu écologique (les stades sont climatisés) et le niveau de honte, le fait que 6500 des ouvriers seraient décédés lors des travaux dans lesdits stades Le garde (selon la troisième version officielle), où les survivants étaient “simplement” traités comme des esclaves.

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La vérité est qu’aucun mouvement tangible n’a lieu et que des positions isolées comme celle du journal de la réunionsont en fait assez rares.

Début août 2022, l’ancien champion du monde allemand Philipp Lahm a déclaré qu’il n’en avait pas “ne veut pas [s]y aller en tant que supporter » : « Je préfère suivre le tournoi depuis chez moi. Les droits de l’homme devraient jouer un plus grand rôle dans l’attribution d’un tournoi. » Certains appellent ça un boycott… un boycott encore assez facile, des droits de l’homme qui semblent défier le filtre de la télévision.

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Fin août, c’est l’acteur français Vincent Lindon qui lâche au micro de France Inter : “Je pense que c’est une histoire dégoûtante. […] On va faire la Coupe du monde dans un pays qui sur le papier n’avait aucune chance : ni les spectateurs, ni les infrastructures, ni le climat… Et ils ont gagné ! C’est-à-dire le nombre d’accords, de compromis ou de compromis qui ont dû exister. »

L’ancienne star française Éric Cantona a également été fidèle à son opinion dans un long texte publié sur les réseaux sociaux :

“J’ai pris ma décision à contrecœur […] Je ne verrai pas un seul match de cette Coupe du monde. Ça me coûte car depuis toute petite c’est un événement que j’adore, que j’attends et que je regarde avec passion ! Mais soyons honnêtes avec nous-mêmes ! Cette Coupe du Monde n’a aucun sens ! Pire, c’est une aberration ! […] Une aberration écologique, avec tous ces stades climatisés… quelle folie, quelle bêtise ! Mais surtout, surtout une horreur humaine… combien de milliers de morts pour construire ces stades, pour quoi au final amuser la galerie pendant deux mois… et personne ne s’en soucie… La caricature elle-même était le bidon humain transporter de la saleté extrême ! Le seul sens de cet événement, comme nous le savons tous, est l’argent. Il est plus fort que tout… les affaires sont les affaires… le reste… j’ai pris ma décision ! je ne regarderai pas ! Arff, je sais qu’ils s’en foutent et que mon petit personnage ne va pas changer la face du monde. Mais personnellement, je ne veux tout simplement pas participer à cette grande mascarade. Et faire de l’argent pour ceux qui ferment les yeux et se cachent derrière leur petit doigt et disent que nous ne sommes pas responsables de cela, nous ne pouvons rien faire… États, associations, diffuseurs, annonceurs, etc. Si vous pouvez le faire, rencontrez juste un simple décision. […] Mais tous ces gens ne l’ont pas pris… encore une fois, le frappeur est plus fort qu’autre chose. Donc je ne participerai pas à ça ! Que la France gagne, perde, trouve la faute ! Il y a des choses plus importantes dans la vie que le football ! […] J’espère que cela fera penser à tous mes amis footballeurs comme moi 😉 Moins de téléspectateurs, moins d’argent qui va dans leurs poches, tellement stupide…”

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Chez les politiques, quelques réactions d’Alexis Corbière, Fabien Roussel ou encore David Cormand… François Hollande, il peut se pavaner« Les dirigeants doivent-ils se rendre au Qatar pour regarder des matchs dans des stades climatisés après tout ce qui s’est passé ? Ma réponse serait non. » – c’est aussi simple que ça quand on n’est plus à la barre.

Et c’est justement du côté du gouvernement qu’il y a silence radio. Seule la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher avait une petite note pour s’expliquer “Malheureusement, un boycott de la Coupe du monde ne changera pas les émissions de gaz à effet de serre de cet événement”. Le ministre, qui est actuellement en très bonne forme, tente même de justifier cette prise de risque en disant que l’accueil de cette Coupe du monde au Qatar a été décidé dans un contexte climatique différent. “Je préfère anticiper”, Elle dit. Pour rappel, la décision a été prise en 2010. Difficile donc d’évoquer un “contexte climatique différent”… A moins de nier tous les rapports du GIEC dont le premier date de 1990.

C’est tout. Car il n’y aura de toute façon pas de vrai boycott : c’est trop tard pour les institutions, difficilement envisageable ou pas du tout pour les médias sportifs (et les autres auront au mieux honte), et très peu probable pour les sponsors. Reste le vague boycott des fans de football et, plus encore, le rejet public, politique et médiatique que la compétition pourrait provoquer. Pour la beauté du sport !

Loïc Le Clerc