Entretien avec Benoît Rubin (Idèle) | “La guerre en Ukraine a accéléré les contrastes de l’élevage dans le Grand Ouest”

By | August 26, 2022

Comment se portent les exploitations agricoles du grand ouest de la France à la veille de l’espace prochain après une année mouvementée, notamment avec la guerre en Ukraine ?

Benoît Rubin : Nous avons un lien avec les hausses de prix pour matière première considérable cependant production de lait il y a eu aussi des hausses de prix de prix du lait pour certaines laiteries. En fin de compte, nous avons un fort contraste en termes de résultats économiques agricoles. Ce guerre en ukraine a accéléré ce contraste dans la relation entre les producteurs et leurs clients. Il est particulièrement fort dans les Pays de la Loire. Dans un même département, il peut y avoir une différence de 50 euros pour 1 000 litres de lait, et une différence de 15 à 20 000 euros par an sur une exploitation de 300 à 350 000 litres de lait par unité de travail.

L’inflation est un facteur aggravant des contrastes. Pour cette raison, il est très difficile de donner un impact moyen sur le revenu agricole. En mars, on nous a demandé de quantifier l’impact de l’augmentation des matières premières surl’alimentation animale, j’avais donné une large fourchette entre +10 et +40%. Enfin, la situation perdure en juin, la fourchette tend à être à la hausse. Les laiteries ont réussi à faire passer des hausses très importantes en privilégiant les matières premières (de 60 à 85-90 euros en avril/mai). Certains éleveurs sont du coup un peu mieux lotis qu’avant. C’est du jamais vu avec du boeuf prix de la viande sur les réformes laitières et les vaches allaitantes. La différence de prix entre les deux n’a jamais été aussi faible et bouleverse l’industrie.

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“Le plan résilience n’est pas fait pour l’élevage bovin occidental”

Le flux de trésorerie de nombreuses fermes est en train de s’éroder. Le plan de résilience agricole proposé par le gouvernement sera-t-il suffisant pour réussir le cap ?

maussade, non. Elle est liée à la proportion d’aliments pour animaux dans la structure de production, où production de fourragee est le plus important dans les charges d’engrais et de mécanisation. Contrairement au porc et à la volaille. Le plan de résilience n’est pas fait pour l’élevage bovin occidental. À propos de Cash-flow d’exploitationnous avons mis en place un observatoire de la situation financière des fermes laitières. En 2015, la question s’est posée de savoir si les problèmes de liquidité étaient dus à des résultats insuffisants (manque d’EBITDA) ou à des projets d’investissement mal financés. A l’époque on parlait plus d’investissements mal financés, aujourd’hui les difficultés sont surtout liées à un manque de résultats. Prenons l’argent net de producteurs laitiers recalculé en tenant compte des niveaux de stocks et de la date de clôture, une situation d’endettement anormal peut être identifiée si à la fin de la campagne le viticulteur ne rembourse pas ses dettes.

50% des exploitations laitières sont en situation de surendettement

Eh bien, en Occident, 50 % des fermes laitières sont dans cette situation. L’argent est le nerf de la guerre. Les producteurs disposant de liquidités peuvent plus facilement prendre des décisions pour immobiliser les coûts du prochain campagne de flux que ceux à court d’argent et liés aux factures impayées de leurs fournisseurs. Nous avons un avertissement, certains éleveurs ont plus d’argent que d’habitude, mais attention on peut constater des retournements (prix de la viande et du lait). Il est important de prendre en compte les frais engagés pour la prochaine campagne (engrais, aliment, GNR…)

Peut-on déterminer les conséquences financières des augmentations de matières premières par 1000 litres de lait produit ou par kg de carcasse ?

Une moyenne ne veut rien dire ! On a des indices INSEE assez solides comme çaipampamais pour les mois à venir ce sera la hausse des prix l’alimentation animale, le carburant, engrais ? Je serai très prudent. Sans compter qu’il peut y avoir des effets de volume, notamment avec les engrais. Par exemple, nous assistons à l’effondrement de l’épicerie dans BIO. Dans ce contexte, nous lançons une enquête pour voir comment les agriculteurs vont ajuster leurs prélèvements. À l’automne, nous aurons des résultats.

Où sont les marges laitières et qu’en est-il de la disponibilité des aliments pendant la sécheresse, on parle d’une éventuelle pénurie de produits laitiers, qu’en pensez-vous ?

je pense que le mot défaut est forte, on peut dire que oui il y a une forte tension. La question de approvisionnement était d’une grande importance lors du congrès laitier de l’IFCN en Allemagne en juin. Tous les intervenants présents ont abordé le thème du sourcing. Ce guerre en ukraine a servi de révélateur, mais le phénomène a commencé avant cela. Les problèmes de déclin des troupeaux et d’alternance des générations se posent dans tous les pays laitiers. Ce stratégies de stockage se dérouler, avec des mouvements spéculatifs.

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“On a raté la sortie des quotas laitiers”

Le déclin du cheptel laitier se poursuit, comment voyez-vous l’évolution à court et moyen terme ? Qu’est-ce qui pourrait renverser la situation ?

Nous avons raté la sortie quotas laitiers en France. Nous sommes passés de quotas laitiers gérés administrativement à des contrats plus ou moins flexibles sur les volumes de lait. Depuis 2015, des signaux sont envoyés aux producteurs que certaines laiteries n’ont pas besoin de leur lait. Et nous payons aujourd’hui très cher cette stratégie. Certaines laiteries, plutôt petites, ont pris conscience que leur outil industriel pouvait manquer de lait. Mais c’est plus à la limite de l’ouest de la France.

On le voit un peu dans la Sarthe. Jusqu’à récemment, tous les regards étaient tournés vers Loué Chicken, fleuron de la production. Forcer certains à laisser tomber le lait pour faire un 4e ou 5e Poulailler. Mais les entreprises laitières ont depuis rebondi grâce à l’innovation contractuelle.

Vous pensez que tout n’est pas encore perdu, l’affaire peut alors être annulée ?

Oui bien sûr ! Tout n’est pas perdu. Dans l’ouest, nous avons des agriculteurs qui s’installent comme des chèvres parce que les signaux ne sont pas les mêmes. Rien n’est écrit !

Le nombre d’exploitations bio en Bretagne a triplé en 10 ans, la mauvaise passe que traverse ce segment va-t-elle stopper ce développement ?

C’est une grande question que l’industrie se pose. Nous avons proposé un projet de recherche Casdar sur ce sujet et étudierons le consentement à payer des consommateurs. La communication générique suffit-elle à convaincre le consommateur d’acheter bio ? Le consommateur de lait d’aujourd’hui est attiré par plusieurs revendications sur le lait segmenté : local, sans pesticides, sans OGM, nourri à l’herbe… Il y a une vraie question sur les arguments que le BIO doit mettre en évidence. la lait bio est tombé dans une crise de croissance en raison de la forte augmentation des volumes de lait bio. Nous avons doublé de taille en très peu de temps. Malheureusement, il n’est pas très surprenant d’avoir une crise comme celle que nous avons connue dans le passé.

Avez-vous peur du futur GAP et du modèle d’élevage Great West ?

Pour le moment, le Pac ne semble pas se développer de manière révolutionnaire. Mais attention, les effets sont parfois dans les réglages ultimes. Ayant beaucoup connu Pac, je sais qu’il faudra attendre l’arbitrage final…

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Il n’y a plus de véritable politique agricole commune. Ce sont les plans stratégiques propres aux États. L’Irlande, par exemple, a lié le paquet d’aide à la vache. Or, la PAC fait partie de ces signaux qui tardent à s’intégrer, comme d’autres politiques publiques (carbone, biodiversité, etc.)

“On s’interroge sur l’avenir des vaches allaitantes en Bretagne”

Qu’en est-il de l’élevage de lait maternel dans le Grand Ouest, quel modèle résiste le mieux aujourd’hui à la hausse des coûts ?

dans le bœufDes revenus trop bas avec un taux de subvention trop élevé : c’est une grande question système d’allaitement dans l’ouest de la France. On s’interroge sur l’avenir des vaches allaitantes dans ces régions (notamment la Bretagne).

Certaines entreprises s’en sortent mieux grâce à une bonne efficacité technique, de très haut niveau, avec une maîtrise des coûts de production et une bonne valorisation des produits. Ensuite, il y a la question du capital. Pour la viande bovine, il nous faut 7 euros de capital pour générer 1 euro d’EBITDA hors salaires. C’est de l’industrie lourde. Avec le lait on est à 5 – 5,5 euros pour 1 euro d’EBITDA. Avec la viande comme avec le lait, on a cherché du capital pour compenser le manque de main d’oeuvre avec une perte d’efficacité (capital/revenu)

Un modèle d’élevage de polyculture un peu plus grand aurait-il une meilleure chance ?

Ce n’est pas facile, car la question se pose du prix du foncier et de la disponibilité du foncier. Et puis un cultivateur qui a des cultures sur sa ferme, avec Grain à 300 euros la tonne, prioritaire la production agricole pas à production animale. Tant qu’il y a installation de biogaz plus loin et il est classé. En effet, il faut développer des modèles économiques qui ne concurrencent pas l’activité des usines. Le bétail peut être utile pour améliorer une zone obligatoire herbe. La question du rapport à la prairie doit également être posée (carbone, biodiversité…). Qui dit élevage, dit amélioration de la prairie par la performance. Les producteurs sont obligés de combiner trois approches : contrôle des coûts, productivité minimale et bon développement des produits.