Face à l’inflation “l’enjeu est important”

By | November 24, 2022

Une collection tant attendue. La banque alimentaire organise sa collecte nationale dans tous les supermarchés du vendredi au dimanche pour collecter les produits alimentaires et d’hygiène. Il permet chaque année la collecte de près de 11 500 tonnes de nourriture, soit près de 23 millions de repas. Avec l’inflation, il y a de nombreux défis à relever pour répondre aux besoins de ceux qui en ont le plus besoin. ” L’enjeu est de taille car il faut trouver de quoi nourrir les 2,2 millions de personnes qui utilisent les banques alimentaires depuis des années, auxquelles s’ajoutent 200 000 personnes supplémentaires au premier semestre 2022, soit une augmentation de 9 %. », alerte dans le JDD, Claude Baland, président du Réseau des Banques Alimentaires.

Que représente cette collecte nationale en termes de mobilisation ?
Il fallait trouver 130 000 bénévoles en plus de nos 7 000 bénévoles permanents. Il y aura des gilets orange dans 8 000 magasins. L’enjeu est de taille car il faut trouver de quoi nourrir les 2,2 millions de personnes qui utilisent les banques alimentaires depuis des années, auxquelles s’ajoutent 200 000 personnes supplémentaires au premier semestre 2022, soit une augmentation de 9 %. Nos chiffres seront mis à jour dans les prochaines semaines et nous devrions voir une augmentation d’environ 15 %.

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Il y a des enjeux quantitatifs pour pouvoir continuer à nourrir les personnes que nous aidons

Avez-vous déjà été confronté à une telle augmentation de la demande ?
La tendance haussière s’accélère puisque nous avons eu une augmentation de 10% en deux ans, 2020 et 2021. En 2008, nous avons soutenu près de 780 000 personnes et aujourd’hui nous soutenons 2,2 millions de personnes. On voit que le nombre de rescapés augmente après les crises ou pendant les crises, mais ne diminue pas après.

Quels sont les enjeux de cette collection ?
Il nous permet de collecter 10% de ce que nous redistribuons ensuite en un an, ce qui équivaut à plus de 20 millions de repas. Il y a des questions quantitatives pour pouvoir continuer à nourrir les personnes que l’on aide, mais aussi des questions qualitatives. Les Banques Alimentaires ont à cœur d’améliorer la qualité des aliments distribués, c’est pourquoi nous voulons avoir plus de fruits et légumes en conserve de qualité. Environ 20 % des personnes que nous aidons sont diabétiques ou en surpoids. Par conséquent, l’un de nos objectifs fondamentaux est d’améliorer la santé des personnes que nous accompagnons. Les Banques Alimentaires organisent chaque année 1 500 ateliers, comme des ateliers de cuisine ou de lutte contre le diabète.

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Qu’est-ce qui vient après cette annonce ?

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Quel est l’impact de l’inflation sur l’insécurité alimentaire ?
L’une des conséquences est l’augmentation du nombre de personnes ayant besoin d’aide alimentaire. Selon une enquête interne réalisée fin juin, on a vu la moitié des ménages interrogés augmenter leur budget épicerie, des hausses de prix qui touchent davantage les familles avec enfants, et un basculement massif vers des produits moins chers. Nous assistons également à un effondrement virtuel des articles non alimentaires. Les dépenses énergétiques ont également un impact significatif, plus de la moitié des personnes interrogées réduisant leur chauffage (57%) ou leur consommation de carburant (53%). De plus, on note le désir d’obtenir de plus en plus de fruits et légumes. Mais ce désir est entravé par la hausse des coûts.

On craint que la forte inflation alimentaire ne rende les Français moins généreux

Avez-vous remarqué un changement dans le profil des bénéficiaires ?
Tout d’abord, il y a de plus en plus de parents isolés, c’est-à-dire de femmes avec de jeunes enfants. Ensuite, il y a les jeunes. Sur 100 personnes à qui nous offrons des cadeaux, 25% ont entre 15 et 25 ans. Nous aidons 500 000 jeunes, c’est l’équivalent de 83 millions d’euros, c’est 173 euros d’aide par jeune et par an. La catégorie qui se renforce est celle des retraités. Aujourd’hui, pour 100 personnes auxquelles nous donnons, 17 % sont à la retraite.

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Êtes-vous inquiet à la veille de cette collecte ?
Nous sommes inquiets. Nous craignons que la forte inflation alimentaire et la récession annoncée par les économistes ne rendent les Français moins généreux. Nous craignons également un retrait de la maison car les jeunes générations ont tendance à commander leurs courses en ligne et donc moins de gens sont dans les grands et moyens magasins. Nous nous appuyons donc beaucoup sur notre site monpaniersolidaire.org où il est possible de faire un don en ligne. Il est ouvert depuis une semaine et nous avons déjà reçu l’équivalent de 40 000 repas, ce qui est bien mais très modeste par rapport aux 20 millions de repas que nous attendons. Le site restera ouvert jusqu’à la mi-décembre.

Les banques alimentaires font aussi face à l’inflation énergétique…
Les budgets de fonctionnement des banques alimentaires ont augmenté en moyenne de 25 %. La Première ministre Elisabeth Borne a annoncé le 3 novembre que les banques alimentaires et autres associations bénéficieraient d’un système de plafonnement, un système de compensation partielle des augmentations de coûts. Mais l’autre conséquence des coûts énergétiques, ce sont nos bénévoles. En milieu rural, nos bénévoles viennent chez nous en voiture deux à trois fois par semaine. Même si nous souffrons moins de la baisse des bénévoles que d’autres clubs, le nombre de bénévoles a aussi tendance à diminuer ici.