Football. Coupe du monde 2022 : pourquoi tant d’arrêts de jeu ? – Football

By | November 23, 2022



Le sourire d’Hervé Renard, imitant l’arbitre avec une horloge qui tourne sans arrêt alors que son équipe saoudienne s’apprête à réussir l’exploit face à l’Argentine, est l’une des images fortes de ce début de Coupe du monde. Surtout, cela indique un revirement à 180 degrés de la compétition pour la durée exponentielle des arrêts de jeu. Dans ce duel, où l’Arabie Saoudite a dominé l’Argentine d’entrée (2-1), les joueurs ont joué 110 minutes ! Quarante-cinq règlements plus cinq temps additionnels en première période, finalement portés à six alors que Slavko Vincic appelait la pause à la 51e. 45 plus huit temps supplémentaires en secondes, portés à quatorze…

Ce cas n’est pas un cas isolé. Lundi, le duel anglo-iranien s’est terminé après 117 minutes et 16 secondes de jeu (14 minutes de temps additionnel en première période après la blessure du gardien iranien, dix en seconde). C’est le match le plus long d’une Coupe du monde depuis 1966. Lors de cet affrontement, l’Iranien Mehdi Taremi est également devenu le dernier buteur de la compétition après avoir marqué à la 113e minute sans prolongation.

See also  Comment un riddim reggae est-il devenu un hymne du football ?

Plus de temps de jeu, plus de jeux…

Quelle est la raison ? Pour cette 22e édition de la Coupe du monde, les arbitres avaient pour consigne de “compenser au mieux” les minutes perdues. C’est une volonté de la Fifa, soutenue par son arbitre en chef Pierlugi Colina. “Nous ferons en sorte que les arbitres rattrapent au maximum les minutes perdues, dans le but d’augmenter le temps de jeu effectif”, souligne le célèbre Italien de 62 ans.

Le président de la Commission des arbitres de la FIFA, Pierluigi Collina, prend la parole lors d'une conférence de presse au Qatar National Convention Center (QNCC) à Doha, le 18 novembre 2022, avant la Coupe du monde Qatar 2022
Pierluigi Collina. (Photo d’archives Anne-Christine Poujoulat/AFP)

La Fifa, qui prévoit des revenus post-Coupe du monde de 7,25 milliards d’euros entre 2018 et 2022, est à peine voilée dans son objectif de simplement nourrir encore plus le fan de football. Le passage validé en 2017 au format de 48 équipes contre 32 actuellement lors de la prochaine rencontre entre les Etats-Unis et le Mexique en 2026 et avec 16 matchs supplémentaires était déjà annonciateur d’une révolution.

“Intenable”

A l’invitation du président de la FFF Noël Le Graët à Roudourou en avril, Gianni Infantino a été interviewé par les équipes de beIN Sports sur le sujet. “Beaucoup de temps est perdu là-bas”, a déclaré le patron de la Fifa. Si les téléspectateurs sont invités à payer des billets pour 90 minutes et qu’ils n’en voient que 50, alors quelque chose doit être vérifié. Mais qu’en pensent les prospects ? “C’était beaucoup de temps de concentration”, a déclaré le sélectionneur anglais Gareth Southgate.

See also  Football, Coupe de France, Périgord deux fois en 8e de finale

Nous perdons notre concentration et si nous jouons moins vite, nous ne sommes pas du tout efficaces. » Pour l’ancien sélectionneur belge Marc Wilmots, interrogé par la RTBF, ce temps de jeu supplémentaire est dommageable. “J’ai vu les États-Unis plonger contre le Pays de Galles. Ce qui me surprend, ce sont les crampes, les problèmes de blessures et les joueurs qui sont déjà épuisés. Jouer sept matchs sur 28 jours, sans parler des prolongations, qui pourraient être de 140 minutes si cela continue, est insoutenable.

Toute l’actualité de la coupe du monde