GRAND FORMAT. Football en Normandie : le Pôle Espoir, tremplin vers les clubs professionnels

By | November 24, 2022

Julien LAGARDE
Le centre espoir Ligue de Football de Normandie est situé dans l’ancienne école Paul Doumer à Lisieux (Calvados). ©Ligue de Football de Normandie

Le Hope Center est dans sa troisième année d’existence. Combien de jeunes accueillez-vous ?

Julien Meilhac : La première année nous n’avions qu’une seule promotion au départ, mais depuis l’année dernière nous accueillons 32 joueurs sur deux ans dans les catégories U14 et U15. Ils viennent de différents clubs normands et ont été sélectionnés la saison dernière. Ils ont passé deux ans au Hope Center avec un entraînement quotidien au Bielman Stadium et ont suivi un cursus scolaire au Collège Marcel Gambier, terminant 4ème et 3ème.Ils jouent avec leur club le week-end. Le Pôle Espoir est une sorte de classe préparatoire aux grandes écoles, qui sont les centres de formation des clubs professionnels.

Avec un niveau de prise en charge proche de celui d’un centre de formation ?

Oui. L’équipe est composée de sept personnes : quatre dédiées à l’athlète et trois employées à temps plein qui font le lien entre le terrain, l’école et les familles. Le Pôle Espoir dispose d’une cellule médicale avec six heures de travail médical et douze heures de kinésithérapie par semaine. Nos joueurs grandissent à cet âge, nous devons nous assurer que leur corps peut supporter la charge de travail. Un psychologue intervient également tous les 15 jours. Ces enfants sont recrutés dès l’âge de 5 ans, certains dès l’âge de 13 ans. Ce sont de jeunes adolescents. Le soutien humain est tout aussi important que l’athlète.


Cliquez ici pour voir le contenu

Combien de joueurs passés par le centre espoir de Lisieux ont intégré un centre de formation en ce moment ?

Première promotion 4 joueurs sur 16 soit 25% du staff. On est déjà à 8 sur 16 pour la deuxième promo, la Fédération Française de Football ne nous donne pas d’objectif quantifié mais on travaille pour permettre au plus grand nombre de joueurs d’entrer dans un centre de formation. Sachant que le parcours est encore très long car il y a beaucoup de candidats pour très peu d’élus. Devenir footballeur professionnel est plus difficile que d’être médecin.

See also  Bram Football : l'ASB vise à conserver la D1 pour cette saison

Quelles associations professionnelles recrutent les jeunes du pôle ?

Notre objectif est d’approvisionner prioritairement les centres de formation des clubs normands (ndlr, SM Caen et Le Havre AC). Mais les exigences sont beaucoup plus larges. La plupart des clubs de la moitié nord, d’est en ouest, s’intéressent à nos joueurs : Nantes, Brest, Lorient, Guingamp, Troyes, Dijon, Strasbourg… Ils viennent parfois le mercredi pour les regarder à chaque match de pole aussi à l’entraînement et le week-end dans leur club.

Les jeunes du Pôle Espoir de Lisieux (Calvados) s'entraînent tous les jours.
Les jeunes du Pôle Espoir de Lisieux (Calvados) s’entraînent tous les jours. ©Ligue de Football de Normandie

Quel est votre rôle dans cette affaire ?

Nous conseillons. Ensuite, les familles décident. Nous savons que plus le centre de formation est éloigné du domicile familial, plus le parcours devient difficile. Vous avez un rêve qui ne doit pas vous être enlevé. Mais ils doivent aussi être conscients que ce métier demande beaucoup de travail et de sacrifices. De 12 à 18-20 ans ils ont une vie différente des autres adolescents de leur âge, ça peut être déstabilisant. Mieux vaut donc faire le bon choix pour être dans les meilleures conditions possibles s’il veut réaliser son rêve.

Que deviennent les joueurs qui ne rejoignent pas un centre de formation ?

Ce n’est pas une fin en soi, la vie continue et avec elle la carrière de footballeur. Le réseau de structures spécialisées dans le football est assez bien développé. Après le pôle, ces joueurs peuvent participer aux filières sportives proposées dans certains lycées. Vous vous entraînerez toujours avec de bons joueurs et qui sait ce qui peut arriver ensuite en fonction de votre progression.

Un cadre de haut niveau

Comme dans un centre de formation, le Centre Espoir de Lisieux dispose d’une prise en charge de haut niveau, avec un effectif nombreux et une infirmerie qui intervient plusieurs heures par semaine.
Equipe et tâches : Julien Meilhac (directeur de pôle), Antoine Guyot (adjoint), Hugo Lecouturier (formateur physique/vidéo), Gaëtan Boisroux (formateur Gbs), Clément Beauvisage (directeur socio-pédagogique), Sonia Sandri (assistante socio-pédagogique) , Carl Aza (assistant d’éducation sociale).
Unité médicale : Franck Allain (Kinésithérapeute, 7h/semaine), Dr. Anni Alain Pithon (médecin coordinateur de l’espoir, 6 heures par semaine), Laura Renouard et Dorine Perrot (kinésithérapeutes, 5 heures par semaine).

See also  Le Bangladesh islamique célèbre son premier titre de football féminin | Atalayar
Julien Meilhac, Directeur du Pôle Espoir de la Ligue de Normandie, et Hervé Lebarque, Recteur du Lycée Gambier à Lisieux (Calvados).
Julien Meilhac, Directeur du Pôle Espoir de la Ligue de Normandie, et Hervé Lebarque, Recteur du Lycée Gambier à Lisieux (Calvados). © Julien LAGARDE

Hervé Lebarque : « Une opportunité pour Gambier College »

Les joueurs sont hébergés à l’internat Pôle Espoir et scolarisés au Gambier College. Une navette quotidienne l’emmène au collège et la récupère à 15h50 pour l’emmener à l’entraînement. Le Proviseur, nommé cet été, est ravi d’accueillir ces jeunes sportifs. “Ce partenariat avec la Ligue de Normandie est une opportunité pour notre collège”, souligne Hervé Lebarque. Il n’y a pas le Collège d’un côté et le Pôle espoir de l’autre. Nous sommes un. Les élèves sont répartis en trois classes par niveau et sont bien intégrés.

Vidéos : actuellement sur Actu

Le proviseur du Gymnase Aristide-Briand d’Évreux a vécu quelque chose de similaire avec l’espoir du handball. Le dénominateur commun de ces jeunes sportifs ? La determination. « Vous ressentez une incroyable envie de réussir en eux. Pour les autres élèves qui ne sont pas sportifs, ce sont des exemples à suivre. Ils s’entraînent 10 heures par semaine, c’est le temps qu’ils ne peuvent pas consacrer à la partie scolaire. Mais le travail est fait et les résultats sont là. Ce sont pour la plupart de très bons élèves », souligne Hervé Lebarque.

La place du collège est centrale dans le parcours des jeunes du Pôle Espoir, également en phase de sélection. « Nous ouvrons les dossiers scolaires des 50 derniers, précise Julien Meilhac. Et le dernier mot revient à l’établissement. C’est lui qui confirme ou non l’arrivée d’un jeune au Pôle Espoir.

Zohir Oissa rejoint le centre de formation du FC Nantes après deux ans chez les espoirs.
Zohir Oissa rejoint le centre de formation du FC Nantes après deux ans chez les espoirs. ©Ligue de Football de Normandie

Après 2 ans en pole, Zohir Oissa passe au FC Nantes

Zohir Oissa est un peu un exemple à suivre au Pôle Espoir. Le joueur du QRM (Quevilly Rouen Métropole) est aussi efficace sur le green qu’en salle, affiche une moyenne générale de 17/20 et fait l’envie de plusieurs clubs professionnels. Le FC Nantes et l’Olympique de Marseille ont été les plus persistants. Avec l’accord des siens, le milieu offensif de 14 ans, également passé par le FC Rouen en U11, a décidé de venir au centre de formation du FC Nantes à l’issue de ses deux années à Lisieux.

L’année scolaire commence en juillet. “Ils ont commencé à me suivre lorsque j’ai participé au premier tour de la sélection de la pole espoir. Nantes est plus proche de chez moi et sa proposition était vraiment concrète. Ma famille pourra assister à tous mes matchs, c’est ce que je voulais”, explique le jeune homme, dont le grand frère joue avec les réserves QRM, sur National 3.

Zohir Oissa a signé sa première licence à l’âge de 5 ans avec l’AS Madrillet Château Blanc à Rouen. Ce talentueux fan de Benzema et de Ronaldo (le Brésilien) rêve de devenir pro depuis qu’il est enfant. Avec son engagement à Nantes, il se rapproche un peu plus de son objectif. Mais l’adolescent a la tête sur les épaules et sait que le chemin est encore long avant de se présenter sur un terrain de Ligue 1 : « Je vais passer trois ans au centre de formation. Nous verrons ce qui se passera ensuite. Il faut travailler et croire en ses rêves, c’est le seul moyen de réussir.”

Cet article vous a-t-il été utile ? A noter que vous pouvez suivre Le Pays d’Auge dans la rubrique Mes Messages. En un clic après l’inscription, vous pouvez trouver toutes les dernières nouvelles de vos villes et marques préférées.