Intéresser les enfants à la cuisine ?

By | November 22, 2022

Les stéréotypes persistent : les enfants n’aiment pas le brocoli, détestent les endives, détestent les légumes au sens large et vomissent du poisson. Ne vous souciez plus des frites, des pâtes, des hamburgers et des sucreries ! Comment accompagner nos tout-petits dans la découverte des saveurs tout en privilégiant les aliments sains ?

Nous avons tous de merveilleux souvenirs d’enfance associés à l’apprentissage du goût… L’extase du chocolat qui se fait lécher au fond d’une poêle encore chaude, la pâte à crêpes qui se mange du bout des doigts, la guimauve qui cuit lentement sur le gril… Mais encore une fois, avons-nous aussi ont d’horribles souvenirs gustatifs : des choux de bruxelles avalés de force sans pouvoir quitter la table, des champignons crachant tranquillement dans la serviette, du poisson provoquant des haut-le-cœur…
Apprendre à goûter est une étape cruciale dans le développement de l’enfant et en même temps une expérience très personnelle. Là où certains n’aiment que les pâtes et les hamburgers jusqu’à l’adolescence, d’autres apprécient le velouté de cresson, le gratin de moules et autres ris de veau dès le plus jeune âge. Comment concilier tout cela quand on est parent ? Et surtout, comment stimuler les papilles des tout-petits pour qu’ils s’en tiennent à une alimentation saine ?

Dès le plus jeune âge

Pour les professionnels (nutritionnistes et psychologues), l’éducation au goût passe automatiquement par une diversification des saveurs. Il faut savoir qu’avant l’âge de deux ou trois ans, l’enfant goûte à tout sans trop de peine (à quelques exceptions près). En fait, la néophobie alimentaire (peur d’essayer de nouveaux aliments) n’apparaît qu’à l’âge de deux ou trois ans. A partir de ce moment, l’enfant aura peur “de ce qu’il ne sait pas”. Puis il découvre et façonne ses propres goûts tout en disant « non » à ce qu’il valorise moins. C’est à ce stade que les parents doivent faire le plus d’efforts pour intéresser l’enfant à certains aliments, que ce soit par curiosité ou par jeu.

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L’engagement suscite l’intérêt

Pour éveiller l’enfant aux joies de la table, rien de mieux que de l’impliquer à chaque étape de la cuisine. Les courses sont avant tout l’occasion de lui présenter des produits frais, d’échanger sur leur saisonnalité, leur goût… Après le marché, place à la préparation en cuisine. Ici aussi, il est important de lui montrer la différence entre le produit brut et le produit fini. Par exemple, les œufs, le lait et la farine servent à faire des crêpes, les pommes de terre servent à faire des frites, de la purée, de la mousseline, des salades… La tomate elle-même peut se présenter sous forme de tomate farcie, de coulis, de gaspacho…
Acheter, éplucher, trancher et cuire les aliments ne le surprend pas lorsqu’il les découvre dans son assiette. L’enfant aime aussi participer au repas. Vous pouvez commencer par suggérer des activités simples comme B. en tournant la cuillère dans la casserole ou en séparant le blanc d’œuf du jaune. Il sera alors très fier de déguster le plat qu’il a préparé avec vous !

Sensibilisation au travail en cuisine

Faire participer l’enfant aux repas lui fait comprendre que l’assiette qui arrive à table ne tombe pas du ciel, mais est le résultat d’un long travail. Cette prise de conscience est bénéfique pour respecter les efforts de ses parents et distinguer un concombre d’une courgette.
Plus de temps en semaine ? Rien ne vous empêche d’organiser un atelier culinaire le week-end, pourquoi pas avec quelques-uns de ses petits copains. Cette activité pourrait même générer de nouvelles vocations…

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textures et saveurs

En présentant un maximum d’ingrédients, de couleurs et de saveurs à votre enfant, votre enfant apprendra les bases de la gastronomie. Le croquant d’une noisette, le fondant d’un chocolat, la texture d’une pêche, la couleur des épices, le parfum des herbes aromatiques… Autant de sensations qui chatouillent les têtes blondes et éveillent leurs sens.
Ces découvertes, si elles ne tentent pas d’emblée les papilles des enfants, vont tout de même élargir leurs papilles. Donnez-leur également la possibilité d’exprimer leurs émotions et la raison de leur refus de tel ou tel produit : est-ce qu’il brûle, est-il amer, mou ou trop dur ? C’est le look qui te rebute ?

Faut-il forcer son enfant à manger ?

Entre sévérité suffocante et laxisme accru, les parents ont parfois du mal à trouver le juste équilibre à table. S’il est important de ne pas forcer un enfant à manger un plat qu’il n’aime pas, ce n’est pas non plus à lui de dicter les menus. L’idéal est d’éviter tout rapport de force pour que l’enfant ne se retourne pas contre la nourriture, qui doit rester un plaisir. La patience est également essentielle.
En effet, il faut savoir qu’un enfant se verra présenter sept fois un aliment avant de l’accepter (lorsqu’il est au stade néophobe). Dans cette phase, le type de présentation joue un rôle majeur. Vive les assiettes ludiques avec par exemple une présentation “homme” composée de deux raisins pour les yeux, une fraise tranchée pour le nez et un ananas coupé en deux pour la bouche… Vitaminés pour vos bambins, vous pouvez aussi ajouter un sauce aux légumes aux pâtes à préparer (que tout le monde adore !)

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Le saviez-vous ?

  • Le goût de l’enfant se forme pendant la grossesse de la mère et pendant l’allaitement. Après avoir mangé des produits savoureux (ail, épices…), l’enfant est moins pointilleux à table. Bon à savoir !
  • Avec l’âge, les papilles gustatives deviennent moins sensibles au goût. Cela atténue l’influence de l’amertume que nous ressentons si fortement dans l’enfance.
  • La néophobie alimentaire touche environ trois enfants sur quatre entre 2 et 10 ans, même si elle est plus fréquente vers 2 ans…
  • La décoration est très importante pour un enfant : choisissez de la jolie vaisselle colorée, des fleurs, des verres rigolos… Tout cela augmente l’envie de se mettre à table et de vider son assiette.

Virginie Stassen