Le panier | cupidité et confiance

By | November 16, 2022

Loblaw doit publier ses résultats financiers mercredi, ce qui devrait nous rappeler que les épiciers ont connu une très bonne année, peut-être trop bonne. La meilleure façon de prévenir les comportements abusifs des épiciers est une surveillance adéquate, qui n’existe malheureusement pas au Canada… et les Canadiens le savent.


Lorsque les prix alimentaires s’envolent, nombreux sont ceux qui s’empressent de blâmer les épiciers. Et les récents résultats financiers de Loblaw ne manqueront pas d’attirer à nouveau les critiques.

Le terme « cupidité » devient l’un des sujets les plus débattus de nos jours. L’inflation des aliments au Canada a atteint 10,3 %, un sommet en 41 ans, et il est peu probable que les consommateurs voient un soulagement de sitôt.

Dans un rapport récent, nous avons examiné les états financiers des trois chaînes d’épicerie et comparé les deux derniers trimestres de 2022 pour chacune d’entre elles à leurs meilleures performances et moyennes pour l’année, puis quantifié l’excédent ou le déficit. Au cours des deux derniers trimestres de 2022, Empire/Sobeys/IGA a perdu 37 millions de dollars sur une base nette par rapport à sa meilleure performance des dernières années. La performance de Metro en 2022 est restée à la traîne de sa meilleure performance des dernières années avec un montant net de 11 millions de dollars. Rien de scandaleux.

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Les Compagnies Loblaw Limitée, qui comprend Cependant, Loblaws, Provigo et Maxi sont des exceptions. Au premier trimestre 2022, Loblaws/Provigo/Maxi ont dépassé leur prime de 68 millions de dollars ; au deuxième trimestre, il a également surperformé son prime de 112 millions de dollars.

Ainsi, le bénéfice brut de Loblaws/Provigo/Maxi en 2022 dépasse à ce jour sa meilleure performance des cinq dernières années de 180 millions de dollars, ce qui représente environ 1 million de dollars de bénéfices supplémentaires par jour.

Cela signifie-t-il que les Compagnies Loblaw Limitée sont trop gourmands pour les victoires alimentaires ? Pas nécessairement. Les bénéfices déclarés de Loblaw combinent l’épicerie, la santé, la beauté, les vêtements et d’autres marchandises générales dans une seule catégorie. Les lecteurs des états financiers de Loblaws/Provigo/Maxi ne peuvent pas déterminer avec certitude si une augmentation des ventes non alimentaires a causé la majeure partie du bénéfice brut « excédentaire », laissant les allégations d’abus non fondées. Les derniers résultats trimestriels de Loblaws/Provigo/Maxi seront publiés mercredi. Il faudra voir si la tendance se maintient.

En revanche, des entreprises comme Loblaws/Provigo/Maxi devraient être tenues de déclarer leurs activités d’épicerie séparément de leurs activités non alimentaires. Contrairement à la vente de t-shirts ou de parfums, l’aspect moral de la vente de produits d’épicerie essentiels est très différent.

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Mais le jeu du blâme continue et les Canadiens veulent un bouc émissaire. Cela indique la nécessité d’un autre changement concernant le Bureau de la concurrence. Cet organisme indépendant déçoit systématiquement le public canadien en omettant de fournir un soutien significatif aux législateurs, tout en se contentant d’approuver toutes les acquisitions et de superviser les enquêtes avec peu ou pas d’énergie. Le scandale du prix du pain en est un bon exemple. Après sept ans, l’enquête est toujours en cours. Nous avons également vu des enquêtes sur la viande et le saumon, dont aucune n’a donné de résultats concluants.

Les consommateurs blâment facilement les épiciers simplement parce qu’ils les connaissent. La partie la plus sombre de notre chaîne d’approvisionnement alimentaire a été épargnée par les accusations de “cupidité” pendant des mois, alors même que plusieurs multinationales comme Unilever, Kraft-Heinz et Kellogg’s ont enregistré des gains significatifs ces derniers temps.

La colère dirigée contre les épiciers est unique au Canada. Notre pays traverse peut-être une crise de confiance des consommateurs, ce qui affecte nos relations avec les épiciers en raison de l’absence du bureau de la concurrence. Les enquêtes inachevées dans de nombreux dossiers laissent les Canadiens se sentir abandonnés.

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Aux États-Unis, c’est très différent. Leur haine innée des monopoles et des oligopoles a incité les législateurs et les bureaucrates à agir rapidement et avec force. Kroger tente actuellement d’acquérir Albertsons pour près de 25 milliards de dollars, ce qui ferait de Kroger le deuxième plus grand épicier des États-Unis. L’accord se heurte à d’importants obstacles réglementaires qui pourraient forcer Kroger à fermer près de 400 magasins, créant ainsi un rival pour le nouvel épicier. Cela n’arriverait jamais au Canada. Lorsque Provigo a été acquis par Loblaws en 1998, ou lorsque Metro a acquis A&P en 2005, ou même lorsque Sobeys a acheté West’s Safeway, peu ont haussé les sourcils devant le processus.

Avec plus de données financières pour clarifier les ventes d’épicerie et un « chien de garde » plus autoritaire au Canada, l’industrie alimentaire et les épiciers pourraient avoir une chance de regagner la confiance des consommateurs.