“Le problème avec le football africain, ce sont les dirigeants”

By | November 24, 2022

Joseph-Antoine Bell au Cap (Afrique du Sud), 2009.

Ancien gardien emblématique de l’Olympique de Marseille, des Girondins de Bordeaux et de Saint-Etienne, Joseph-Antoine Bell a également été inclus à 70 reprises dans la sélection camerounaise des Lions Indomptables (1976-1994). A 68 ans, il livre son analyse du football africain et prône la création d’un modèle continental unifié.

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On parle plus de football « africain » que de football « européen ». Cependant, il n’y a bien sûr pas qu’un seul football africain. Cette généralisation vous dérange-t-elle ?

Nous utilisons également le terme général “football européen” sans offenser personne. On sait que les Allemands sont des Allemands, les Anglais sont des Anglais, etc. Bien que les défenseurs de l’Afrique aient tendance à s’énerver trop facilement à ce sujet, il est également vrai que lorsque les Européens disent « Africains », ce n’est pas toujours dans le même sens que quand ils disent “Européens”. Je me souviens quand j’étais jeune un journaliste français m’a parlé du mien “Compatriote sénégalais”. Il n’y aurait donc que les Africains qui formeraient un continent et qui seraient frères entre eux ?

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Au-delà de cette généralité, il faut regarder de près toute équipe qui ne représente qu’elle-même. Il y a une sorte de logique du plus faible. A partir du moment où les Africains ne deviennent pas champions du monde lorsque le Cameroun accède aux quarts de finale, tout le continent sera en fête.

Comment expliquez-vous qu’aucune équipe africaine n’ait atteint les quarts de finale ?

Nous, Africains, avons parfois le nombril, dans le sens où nous oublions que le football se joue aussi en Asie ou en Amérique du Nord. Nous sommes convaincus que nous sommes seuls avec l’Europe, où nos joueurs vont jouer. Le Cameroun, par exemple, est resté coincé en quart de finale [lors du Mondial 1990]. Oui, nous avons été les premiers du football africain à aller en quart de finale, mais depuis, nous avons été éliminés cinq fois au premier tour. D’autres ont fait mieux : la Corée du Sud était en demi-finale. Il faut tout dépoussiérer pour aller plus loin.

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Notre jugement sur notre sélection est également modifié par la Coupe d’Afrique des nations (CAN). En Afrique, la compétition post-Championnat du monde est la CAN. C’est comme avoir une course de haies puis une course de plat. Vous vous dites : ” Je vais mieux. “ Mais c’est parce que tu joues contre des équipes moins fortes… En Europe, après la Coupe du monde, même si tu peux jouer contre une équipe faible comme le Luxembourg, tu peux aussi jouer contre de grosses affiches contre des équipes qui sont dans le top 10 ou Top 20 mondial.

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