L’inflation recule avant les hausses de taux

By | September 21, 2022

Le taux d’augmentation annuel de l’indice des prix à la consommation (IPC) a ralenti pour le deuxième mois consécutif en août, a rapporté mardi Statistique Canada. La croissance annuelle des prix est de 7 % après une hausse de 7,6 % en juillet. Sur une base mensuelle, l’IPC a chuté de 0,3 %, la plus forte baisse depuis 2020, ce qui suggère que les hausses de taux consécutives commencent à porter leurs fruits. Le point en quatre questions.

Posté à 5h00

Hélène Baril

Hélène Baril
La presse

L’inflation a-t-elle amorcé un retour vers la cible de 2 % ?

Le ralentissement plus fort que prévu de l’IPC d’août pourrait être un tournant dans la lutte contre l’inflation, estiment plusieurs économistes. Certains y voient un signe que la politique monétaire de la Banque du Canada commence à porter ses fruits.

« Le resserrement des conditions monétaires commence à peser sur l’inflation », estime Sébastien Lavoie, économiste en chef à la Banque Laurentienne. Il prédit que cette baisse n’est pas une anomalie et qu’elle se poursuivra au cours des prochains mois.

La route est encore longue, mais « l’inflation au Canada a fait un pas dans la bonne direction en août », a commenté Leslie Preston, économiste en chef à la Banque TD.

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La Banque du Canada a augmenté ses taux d’intérêt à cinq reprises depuis le début de l’année d’un total de 300 points de base. Il est maintenant à 3,25 %. Les effets de ces hausses commencent seulement à se faire sentir dans l’économie, souligne l’économiste, qui s’attend à ce que la croissance des prix ralentisse encore dans les mois à venir.

Pourquoi y a-t-il des raisons d’être optimiste ?

Car contrairement aux USA, le ralentissement de la croissance des prix n’est pas uniquement dû à la baisse des prix de l’essence. Hormis les prix alimentaires, qui continuent d’augmenter à un rythme inquiétant de plus de 10 %, la croissance des prix de la plupart des biens et services montre des signes de ralentissement. La croissance des prix hors essence a été de 6,3 % en glissement annuel, contre 6,6 % en juillet. “C’est le premier mois que l’IPC hors essence affiche un ralentissement d’une année sur l’autre depuis juin 2021”, a déclaré Statistique Canada.

Outre l’IPC, la moyenne d’autres mesures plus spécifiques de l’inflation suivies par la Banque du Canada a également ralenti en août, et cette moyenne est maintenant à son plus bas niveau depuis avril 2022.

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Les économistes de la Banque Nationale, Alexandra Ducharme et Kyle Dahms, soulignent que la baisse du prix de l’essence fera baisser les prix des autres composantes de l’IPC et que l’inflation des services a également diminué.

Quand les prix des denrées alimentaires vont-ils baisser ?

Les prix des denrées alimentaires continuent d’augmenter rapidement. L’augmentation de 10,8 % des produits d’épicerie achetés en magasin en août est la plus importante depuis 1981, a observé Statistique Canada. Par rapport à l’année précédente, les produits de boulangerie (+15,4 %), les épices, condiments et vinaigres (+17,2 %) et les fruits frais (+13,2 %) sont les produits dont le prix a le plus augmenté.

Les prix des aliments ne réagissent pas à la hausse des taux d’intérêt, explique Sébastien Lavoie, mais à d’autres facteurs comme les conditions climatiques extrêmes (sécheresse ou inondations) et les perturbations des chaînes d’approvisionnement.

Si elle se prolonge, la baisse des prix du pétrole pourrait ralentir la hausse des prix alimentaires, pour lesquels les coûts de transport sont importants. De plus, l’amélioration du fonctionnement des chaînes d’approvisionnement et la baisse des prix de certaines céréales de base devraient également se refléter sur les tablettes des épiceries.

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De nouvelles hausses de taux sont-elles nécessaires ?

Oui. À plus de 5 %, la mesure moyenne de l’inflation fondamentale demeure plus du double de la cible de 2 % de la Banque du Canada. Il est beaucoup trop tôt pour que la Banque du Canada déclare «mission accomplie», a déclaré Randall Bartlett, directeur principal chez Desjardins. Il croit que les autorités monétaires maintiendront une ligne dure et qu’une hausse de 50 points de base est à l’ordre du jour pour le 26 octobre, ce qui porterait les taux d’intérêt à 3,75 %.

Cependant, avec des mesures d’inflation inférieures aux attentes de la Banque du Canada, le rythme des hausses de taux pourrait ralentir après la prochaine hausse, a déclaré Desjardins.

À la Banque TD et à la Banque Laurentienne, les économistes prévoient que les taux d’intérêt devraient atteindre 4 % ou un peu plus avant de se stabiliser.