Lisieux : Marion Joffle après une baignade dans la Manche : “Je suis encore sur mon petit nuage”

By | August 26, 2022

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Marion Joffle a été rejointe en bateau par Anthony Lebourg, son petit ami et son entraîneur Mathias Faride lors de la traversée de la Manche dimanche 21 août. © DR

Actu.fr : Après plusieurs reports de traversée, qu’avez-vous ressenti en apprenant que c’était enfin possible ?

Marion Joffle : C’était un salut. Je ne savais pas quand j’allais partir. Cela faisait deux ans que la date était devenue aléatoire. Cette année, je me suis dit, c’est 2022 ou rien.

Vous avez battu le record féminin. Était-ce votre objectif ?

MJ : Mon objectif était de finir et de toucher le sol français. Mais j’ai tout donné pour battre le record féminin. C’est incroyable que cela ait fonctionné !

Vous rendez-vous compte que vous avez réussi cet exploit sportif ?

M.J : Je suis toujours sur mon petit nuage. C’est difficile d’y arriver. J’ai besoin de temps pour me souvenir des souvenirs. Je n’imaginais pas l’impact médiatique. C’est important de partager l’information et de raconter mon histoire. Plus mon histoire sera partagée, plus il sera facile d’en parler. Je nage pour le plaisir mais surtout pour les enfants malades.

Combien d’heures d’entraînement représente cette course ?

MJ : En 2018 je me suis inscrite à l’EN Caen. Je m’entraînais 20 heures par semaine. 16 heures dans l’eau et 4 heures de musculation. Tout a été reporté durant la saison 2020-2021 avec les restrictions. Je me suis fait arrêter. En septembre 2021, je suis allé nager deux fois par jour. J’ai nagé jusqu’à neuf kilomètres. J’ai aussi fait des passages en mer.

Au-delà de la préparation physique, faut-il suivre un programme nutritionnel ? Et avez-vous suivi une préparation mentale ?

MJ : J’ai dû beaucoup manger pour prendre du poids. Je n’y suis pas parvenu, mais cela ne m’a pas empêché de terminer la course. Je n’ai pas changé mes habitudes alimentaires. Le matin de la course, j’ai pris un petit-déjeuner sucré : une banane, une compote et un shaker avec des vitamines et des minéraux. Mentalement, j’ai fait des séances d’hypnose pour apprendre à me détendre. Il est rare que des accidents se produisent sur ce passage à niveau.

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Etiez-vous accompagné d’une équipe médicale ?

MJ : Il n’y avait pas d’équipe médicale sur le bateau. Avant la course, je devais présenter un certificat médical. Il y avait trois guides sur le bateau : mon ami Anthony Lebourg, mon entraîneur Mathias Faride, entraîneur de l’équipe de France d’eau libre, et Arnaud Chassery, spécialiste de la natation longue distance.

Pourquoi avez-vous choisi la chaîne ?

MJ : En 2016 j’ai rencontré Philippe Fort qui avait déjà traversé la Manche. Il est devenu mon père préféré. Il m’a initié à la nage en eau glacée et m’a aidé à m’entraîner au début. La Manche mérite bien son surnom « l’Everest de la natation ». Je voulais faire ce défi. Je travaille avec passion.

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Comment la course est-elle calculée en fonction des temps de pause ?

MJ : A partir de sept heures de natation, les soins ont eu lieu toutes les 20 minutes. Auparavant toutes les 30 minutes. Mon entraîneur m’a dit : « Le prochain ravitaillement est dans trois minutes ! “. Ce sont les seules fois où j’ai arrêté de nager. Je n’ai jamais vraiment fait de pause. Ne vous arrêtez pas trop longtemps ou vous risquez de dériver avec le courant. Cela ajouterait des kilomètres.

Qu’as-tu mangé en faisant le plein ?

MJ : J’ai bu des boissons énergisantes et du thé chaud. J’avais des aliments solides comme une banane, un gâteau de sport et des abricots secs. Je ne dois pas saisir ou toucher le bateau pendant la course. Sinon, cela aurait signifié que je me suis reposé. Un juge était sur le bateau pour surveiller. La fourniture a été faite avec une canne à pêche. La citrouille était suspendue au fil. C’est mon pote qui m’a donné le ravitaillement. Mon entraîneur a fait les comptes. Arnaud m’a passé de la nourriture solide de main en main.

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A quoi pensez-vous pendant neuf heures ?

MJ : Je me suis amusé à rouler derrière et devant le bateau pendant les 45 premières minutes. J’ai en quelque sorte couru le bateau (rires). J’ai considéré à quoi m’attendre comme un massage. J’ai pensé à l’arrivée, surtout quand j’étais sur le point d’embrasser ma mère sur la plage. J’ai aussi pensé à tous les enfants malades, la raison pour laquelle je fais cette course. Vous devez garder votre esprit occupé pour éviter de penser à des choses négatives, à la douleur, etc.

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Marion Joffle a battu le record féminin en 9 heures et 22 minutes. © DR

Avez-vous rencontré des difficultés lors de la traversée ?

MJ : Les conditions météorologiques ne m’ont pas dérangé. Il y avait peu de houle et très peu de vent. Après quatre heures de natation, j’ai ressenti des douleurs dans les hanches. Je la connais très bien. C’est une douleur intense. J’ai demandé à ne recevoir que du thé chaud pour réchauffer et détendre mon corps. Après une heure et demie, le thé a commencé. J’ai pu redémarrer la machine.

Votre famille est-elle fière de vous ?

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MJ : Quand je suis arrivé il y avait une émotion très forte. Ma famille, la famille de mon copain et les membres de mon parrain m’attendaient sur la plage. Chez ma mère, nous avons pleuré toutes les deux quand je suis arrivée. C’était important que ma famille soit là.

Êtes-vous retourné en Angleterre après la course ?

MJ : Quand je suis arrivé en France, j’ai dû retourner en Angleterre. Il est interdit de traverser la Manche par voie maritime, j’ai dû traverser la frontière en bateau. Je suis en Angleterre jusqu’au 28 août.

Vous avez nagé pour lutter contre le cancer infantile, avez-vous collecté des fonds ?

MJ : Depuis 2017, j’ai lancé une cagnotte leetchi en ligne. C’est en hausse depuis un moment. La cagnotte est de 8 000 euros. Mon objectif était de faire un don de 5 000 euros à l’Institut Curie. J’ai financé le projet Channel Crossing à hauteur de 3 000 euros. C’est toujours ouvert.

Quels sont vos projets pour les mois à venir ?

MJ : Je reprendrai l’entraînement à Caen fin septembre. En janvier 2023, je participerai au championnat du monde d’eau glacée. En février 2024, je me rendrai en Antarctique pour terminer l’Ice Mile.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait traverser la Manche ?

MJ : Je dirais que traverser doit être une obsession. Il doit être ancré en nous. Nous devons être prêts à faire de nombreux sacrifices et des heures d’entraînement. Il faut rester positif. Même si nous sommes seuls dans l’eau, toute une équipe nous soutient.

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