Mettre le système alimentaire en contexte

By | September 1, 2022

Selon une nouvelle étude de l’Université de Montréal, les innovations qui rendent la chaîne d’approvisionnement alimentaire « plus responsable » — c’est-à-dire respectueuses de l’environnement, bonnes pour la santé publique et plus équitables pour les agriculteurs — seront plus rapides si les contextes dans lesquels elles émergent sont mieux compris.

À cette fin, deux chercheurs de l’UdeM ont mené une étude approfondie des systèmes d’approvisionnement alimentaire du Nord et du Sud – Québec et Brésil – qui comprend un plan directeur pour améliorer les habitudes alimentaires et de consommation de millions de personnes.

Pascale Lehoux

Pascale Lehoux

Crédit photo : Amélie Philibert

Publié dans la revue Durabilité, L’étude a été menée à l’École de santé publique de l’Université de Montréal par la professeure Pascale Lehoux et l’étudiante au doctorat Renata Pozelli Sabio, une Brésilienne qui a obtenu sa maîtrise en gestion et son baccalauréat en sciences alimentaires dans son pays d’origine.

Les chercheurs ont basé leurs conclusions sur 34 entretiens avec des dirigeants de 30 organisations, réparties uniformément au Québec et dans l’État de São Paulo, qui produisent ou fournissent des aliments locaux ou biologiques, se soucient du bien-être animal ou ont des modèles commerciaux pour des causes sociales.

Il leur a été demandé de décrire les pratiques innovantes qu’ils mettent en œuvre et les éléments de contexte qui favorisent une approche responsable dans la conduite de leurs activités.

Au Québec, les participants ont donné des exemples d’innovations telles que la mise en place de programmes de popote roulante pour les personnes âgées, l’introduction d’aliments locaux ou biologiques dans les menus scolaires et universitaires, les jardins sur les toits, la production de miel local et l’achat de non-locaux denrées périssables en vrac.

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Au Brésil, les personnes interrogées ont cité le fait d’aider les coopératives de petits exploitants à commercialiser leurs produits, d’embaucher des femmes dans les zones à faible revenu pour préparer des paniers-repas d’aliments biologiques et de les vendre en ligne, et d’organiser des ateliers pour éduquer les gens sur les façons de manger plus sainement pour en discuter.

Les participants ont ensuite placé ces innovations et d’autres dans un contexte thématique :

  • Certains ont nommé les défis technologique (aliments frais qui se gâtent sur les marchés publics faute de chambre froide, engins agricoles lourds inadaptés qui compactent et détruisent les sols organiques).
  • D’autres ont énuméré des éléments inspirants et des limites biophysique et écologique (Déforestation favorisant le développement durable, monoculture limitant l’accès des abeilles aux fleurs sauvages).
  • Certains ont rapporté des facteurs économiquement (les modèles capitalistes au Brésil, qui privilégient la commercialisation de bananes « dodues et brillantes », quel que soit leur mode de culture, ou les marchés publics à Montréal, où les produits bio locaux sont submergés par des importations bon marché).
  • Milieu politiquement et institutionnellement a permis à certains d’utiliser des programmes gouvernementaux pour embaucher des jeunes pour fournir des repas aux personnes âgées, tandis que les réglementations conçues pour le système en vigueur étaient considérées comme mal conçues pour promouvoir les produits locaux.
  • A São Paulo, les contextes socioculturel et démographique a surmonté l’opposition des responsables de la capitale à une loi fédérale visant à mettre des aliments biologiques et familiaux dans les menus scolaires. Néanmoins, la sensibilisation du public à une agriculture respectueuse de l’environnement est encore très faible.
  • la comportement et alimentation du consommateur sont souvent déterminés par le revenu ; Seules les classes moyennes et supérieures peuvent « soutenir une entreprise qui utilise la main-d’œuvre locale, cultive bien la terre, n’utilise pas de pesticides et crée des emplois et des revenus », comme l’a dit un Québécois.
  • Les problèmes impliqués chaîne d’approvisionnement alimentaire peut entraver une action responsable : par exemple, si les carottes des petits producteurs sont lavées mais non épluchées, cela peut dissuader les commerçants ; Il peut également être difficile de trouver des aliments biologiques pour élever des poulets.
  • Enfin, plusieurs personnes interrogées ont déclaré que le les relations interpersonnelles ont été essentiels à l’établissement et à l’exploitation d’un système alimentaire responsable, l’établissement de la confiance du champ à l’usine et de la cuisine à la table a été la clé du succès.
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Pour les décideurs, ces constats et résultats ont diverses implications, affirment les chercheurs de l’UdeM.

“Nous leur présentons quelques pistes pour se pencher sur les dimensions contextuelles d’un enjeu et découvrir comment inciter tous les acteurs des systèmes alimentaires à agir de manière plus responsable”, précise Pascale Lehoux.

“Vous pouvez financer des programmes qui font cela, réglementer pour mieux aligner le travail des grandes et petites parties prenantes, financer la recherche pour faire avancer la cause, sensibiliser et établir un consensus sur les pratiques alimentaires responsables”, a ajouté Renata Pozelli Sabio.

Selon les chercheurs, « le contexte nous dit qu’il n’y a pas qu’un seul chemin qui nous mène là où nous voulons être, mais plusieurs. Pour l’instant, le système alimentaire traditionnel a la priorité, mais cela est en train de changer. Tôt ou tard, un système alimentaire plus responsable émergera, nous devons juste comprendre comment.

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À propos de cette étude

L’étude « Comment le contexte contribue-t-il à l’innovation responsable dans les systèmes alimentaires ? Results from a multiple case study », de Renata Pozelli Sabio et Pascale Lehoux, a été publié dans la revue le 25 juin 2022 Durabilité.