Montbéliard. Les Restos du Coeur craignent une explosion de bénéficiaires

By | November 24, 2022

“On est inquiets”, confie Claude Nicolas, gérant de l’antenne montbéliarde des Restaurants du Cœur. En cette période morose (baisse du pouvoir d’achat, inflation et boom énergétique), les sujets d’inquiétude sont nombreux.

Nous accueillons de nombreuses nouvelles familles qui ont dépensé leurs petites et dernières économies

Claude Nicolas, qui dirige les Restots du Coeur de Montbéliard

D’abord, l’animateur redoute une “explosion” du nombre de bénéficiaires, qui ne cessera de croître. « Nous avons terminé la campagne d’été avec une augmentation de 20 %. Au cours de cette campagne, nous avons aidé 1 150 personnes, ce qui équivaut à une campagne d’hiver. Il est possible que d’ici mars nous atteindrons 1 400 à 1 500 habitants. Si c’est le cas, les fournitures doivent suivre.

Rien n’est gagné : « Les dons alimentaires reculent [N.D.L.R. : les dons en argent également]. Parfois, nous sommes obligés de rationner la nourriture et les repas distribués ne sont pas complets. »

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Manque de produits ménagers et d’hygiène

L’association, qui compte également une vingtaine de commerçants locaux (hors boulangeries) affiliés, manque – le problème se pose toute l’année – de produits ménagers et d’hygiène (liquide vaisselle, lessive, protections féminines). En raison de la guerre en Ukraine, ils sont également confrontés à une pénurie d’huile de tournesol.

8% des bénéficiaires sont étudiants

Au total, 300 à 400 tonnes de nourriture sont stockées chaque année puis distribuées à une population encore plus démunie : « 8 % des bénéficiaires sont des étudiants. Nous accueillons de nombreuses nouvelles familles qui ont dépensé leur petite et dernière épargne », explique Claude Nicolas.

“Aucune confidentialité possible”

Les conditions d’admission se compliquent avec la prospérité. Hébergés gracieusement par l’Agglomération du Pays de Montbéliard (PMA) dans une maison à quatre étages de la rue Audincourt, les volontaires doivent se cogner aux murs : « Un de nos principaux problèmes, c’est que l’espace est trop petit. Lorsque nous recevons des personnes, il n’y a aucune possibilité de confidentialité. “Rien n’est fonctionnel.

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“On perd du temps dans les escaliers”

Nadine, qui a déchargé un camion d’endives, de yaourts, de fromage… ce mercredi avec d’autres bénévoles, le regrette : « On fait des allers-retours dans les escaliers, on perd du temps. » L’animateur a demandé aux élus de la PMA et de la ville de Montbéliard : « L’idéal serait un bâtiment de 600 m² proche des transports publics et de la population. Il n’y en a pas. »

Année après année, 65 bénévoles (représentant une entreprise de 20 salariés en termes d’heures travaillées) travaillent au bureau de Montbéliard, souvent en multi-postes. « Nous recherchons des chauffeurs, des concessionnaires, une personne en charge de l’hygiène et de la sécurité alimentaire. L’objectif est de doubler toutes les positions. Car les bonnes âmes sont parfois épuisées : « La moyenne d’âge est de 60 ans et 56 ans si l’on compte les sept bénévoles qui nous aident de temps en temps. » L’engagement ne prend pas de temps : « Nous demandons un engagement minimum d’un an et demi une journée par semaine. »

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Dernier reproche : un coiffeur serait le bienvenu sur la route d’Audincourt. Toutes les recherches ont été infructueuses. Pour t’arracher les cheveux