“On peut allier écologie et mode”, assurent les stylistes de demain

By | November 24, 2022

“On est en train d’associer un vieux t-shirt trop grand et ample à une robe”, raconte Clara, qui est en classe de seconde au lycée François d’Assise-Nicolas Barré à Monaco. Sous la houlette d’une enseignante de l’école polytechnique des Palmiers de Nice, elle trace un trait pour « ajuster la taille » après avoir ouvert les manches. Avec 70 autres étudiants, elle a participé au “Challenge” du Musée Océanographique de Monaco à l’occasion de la Semaine Européenne de la Réduction du Textile.

“Cette industrie cause beaucoup de pollution dans les océans, notamment la fast fashion, qui consiste à renouveler très rapidement les vêtements mis en vente, plusieurs fois par saison voire par mois”, explique Serge Gobbi, organisateur et responsable du département. bienvenue au musée. Le principal groupe cible étant les jeunes, nous avons souhaité proposer une action qui les touche en les mettant en relation avec des acteurs locaux déjà impliqués. »

“Cela affectera notre avenir”

La salle de conférence du musée s’est alors transformée en atelier de couture, avec des bouts de tissu qui traînaient sur les tables à côté d’un pistolet à colle, de la machine à coudre, de ciseaux et d’un mètre ruban. Pour ce “défi d’upcycling”, les élèves doivent fabriquer des vêtements sur le thème du molleton à partir de matériaux recyclés.

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Debout près d’un mannequin, Arina, 15 ans, regarde une reproduction de sa jupe en fourrure cousue à la main. “J’achète beaucoup de vêtements et j’adore la mode, sauf que je n’y connais rien. Je suis vraiment excité d’être ici parce que c’est un événement qui nous donne envie de participer, contrairement aux conférences où nous sommes passifs. Là nous agissons et apprenons aussi des techniques qui nous serviront la prochaine fois que nous voudrons casser une habitude. »

Maiyan et Stella, pays fabriquant leurs vêtements éco-responsables lors du Challenge de la semaine de la réduction des déchets organisé par le Musée Océanographique de Monaco
Maiyan et Stella, pays fabriquant leurs vêtements éco-responsables lors du Challenge de la semaine de la réduction des déchets organisé par le Musée océanographique de Monaco – E. Martin / ANP / 20 mins

Un peu plus loin Maiyan et Stella, toutes deux en vogue avec des diplômes d’études secondaires, travaillent sur un haut recherché avec des “volants” rappelant un “ours”. “On montre ce qu’on sait faire en dehors des cours et on prouve que la mode peut se conjuguer avec l’écologie”, confie la première étudiante de 18 ans. Elle ajoute : « Lorsque j’ai commencé ma formation, je n’imaginais pas que ma marque serait soucieuse de l’environnement lors de son lancement. Mais maintenant c’est évident. Et ce genre d’événement nous affectera tous, nos décisions futures, c’est certain. »

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“Nous avons tous une responsabilité en tant que citoyens face au réchauffement climatique”

Mais cette révolution et ces idées sont nouvelles pour l’industrie. Faouzia Hammadi, l’une des enseignantes du lycée professionnel de Nice, explique : « On a commencé à entendre parler d’écologie à la mode il y a peut-être vingt-cinq ans, mais elle n’est entrée dans les établissements et les classes qu’il y a deux ou trois ans. Aujourd’hui ces jeunes sont nos stylistes de demain et ils doivent faire face aux enjeux environnementaux. »

Et pour les inspirer, une dizaine de créatifs locaux et dévoués ont également été invités à cette campagne de sensibilisation. Parmi eux Inès Bensalah, 24 ans, fondatrice de la marque Inessa Créations de « prêt-à-porter de luxe ». “Nous faisons partie de cette génération engagée qui boycotte les entreprises qui ne respectent pas l’environnement et les droits de l’homme et transmet cela à nos aînés”, dit-elle. J’avais 20 ans quand j’ai commencé et il me semblait naturel que le haut de gamme puisse aller de pair avec la durabilité environnementale. Nous avons tous une responsabilité en tant que citoyens face au réchauffement climatique. »

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Transformer ces étudiants en “consommateurs”

Elle montre aux étudiants l’exemple qu’il est possible de « créer de la belle mode avec des valeurs ». Ses vêtements sont fabriqués à partir de matériaux recyclés destinés à être jetés, avec de la peinture bio, du plastique recyclé et aussi du “cuir de pomme et des algues”.

Ces challenges permettent donc « d’expliquer comment utiliser les déchets pour fabriquer des vêtements, créer une marque responsable, mais aussi donner des conseils pour revaloriser ce que l’on a déjà », précise Julie Morel, responsable RSE et développement durable au musée. Elle conclut : « Nous montrons aux étudiants que c’est possible et qu’ils peuvent être des ‘consommateurs’ dans ce domaine. »