Plus de 3 millions de bénéficiaires de l’aide alimentaire en France – Libération

By | November 22, 2022

Alors que la France connaît une vague d’inflation, l’Insee a publié ses données sur les personnes utilisant les réseaux de distribution alimentaire associatifs. Quatre bénéficiaires sur cinq souffrent de « privation alimentaire ».

C’est un “image sociale” élaboré par l’INSEE ce mercredi, qui tombe à pic. Alors que la question de la précarité alimentaire brûle face à la flambée des prix alimentaires, l’institut vient de publier son rapport annuel sur l’évolution économique et sociale en France. Cette fois avec un accent particulier sur les bénéficiaires de l’aide alimentaire. Entre novembre et décembre 2021, les statisticiens de l’Insee ont donc interrogé ces personnes en grande difficulté financière qui se rendent dans un ou plusieurs centres d’aide pour recevoir ou acheter de la nourriture. En incluant toutes les personnes qui composent les ménages de ces bénéficiaires, l’Insee estime qu’entre 3,2 et 3,5 millions de personnes ont reçu une aide alimentaire (colis, achats dans les épiceries solidaires ou distribution de plats cuisinés) via le réseau en 2021.

Certes, les données datent de l’année dernière, mais sont instructives compte tenu du contexte inflationniste de 2022. Un contexte qui a convaincu le Conseil national de l’alimentation (CNA) de recommander en octobre dernier d’inscrire le droit à l’alimentation dans la législation française afin de “Garantir l’accès à tous”. Une connexion qui a également poussé la Première ministre Elisabeth Börne à en annoncer la création au début du mois. « Fonds d’aide alimentaire durable » de 60 millions d’euros en 2023 pour permettre aux Français “les plus fragiles” accéder “nourriture de qualité”. Et aux ministres des Solidarités et de l’Enseignement supérieur, Jean-Christophe Combe et Sylvie Retailleau, de s’engager ce mercredi dans le déblocage d’une enveloppe de 10 millions d’euros d’aide alimentaire aux étudiants. On en oublie presque le projet gouvernemental “Chèque repas d’urgence” de 100 euros par foyer « 9 millions de ménages les plus pauvres ». Formulée cet été, la promesse a vacillé.

“La majorité des bénéficiaires de l’aide alimentaire vivent dans leur propre maison”, soit les trois quarts d’entre eux, révèle l’Insee. 10% vivent chez un proche, 8% vivent dans un logement collectif et 2% dans un hôtel. 4% sont sans abri et seulement 62% vivent dans leur propre logement. Les immigrants représentent 44 %, une proportion que l’Institut juge sous-estimée étant donné qu’il ne s’agit que des allocataires qui ont pu répondre en français au questionnaire des statisticiens.

« privation de nourriture »

“Les bénéficiaires sont souvent les plus pauvres des pauvres, Indiquer L’Institut. [Ces] Les ménages constituent la fraction aux conditions de vie les plus difficiles. Selon les chiffres fournis est le niveau de vie des personnes qui y vivent vie “normale” (à domicile ou chez un proche) est en moyenne de 637 euros par mois. Les bénéficiaires qui vivent dans des logements collectifs, des chambres d’hôtel ou les sans-abri disposent en moyenne de 435 euros pour vivre. C’est ce que dit le rapport « 72 % des demandeurs vivant en logement ordinaire et 88 % des autres demandeurs ont un niveau de vie inférieur au seuil de 40 % du revenu médian », qui a été fixé en 2020 par l’enquête “Statistiques sur les ressources et les conditions de vie” à 1 898 euros. A titre de comparaison le “ménages pauvres” (moins de 1130 euros par mois), 23% sont en dessous de cette barre des 40% du niveau de vie médian. A caractéristiques identiques expliquent les plaignants “2,3 fois plus susceptibles d’avoir des difficultés financières” que le ménage pauvre moyen.

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Conséquences de ce niveau de précarité très élevé : 4 allocataires sur 5 en souffrent “multiples formes de privation alimentaire”. Parmi les dérogations les plus fréquemment citées, elles occupent la première place “la nécessité de réduire la variété des aliments consommés” et “L’obligation d’acheter souvent ou parfois les courses les moins chères au lieu de celles que l’on aime” (67% des réponses). De plus, disons environ la moitié des bénéficiaires “Peur de manquer de nourriture” (55%), “Réduisez la quantité que vous mangez ou sautez des repas” (49%). En détresse financière, 35% des bénéficiaires ont déclaré avoir dû demander de la nourriture à leurs proches, tandis que 32% ont déclaré être partis “souvent ou parfois” se coucher en ayant faim. Autant de difficultés qui ne devraient pas s’améliorer en 2022. Selon sa dernière mise à jour, l’INSEE prévoit pour décembre une inflation de 12% des produits alimentaires sur un an.