Secours populaire, des étudiants de plus en plus désespérés

By | September 19, 2022

L’an dernier, plus de 500 étudiants tarbais se sont tournés vers l’association d’aide alimentaire. Ce nombre devrait augmenter dans l’année à venir.

“Vous voyez, nous n’avions qu’un nombre limité de nouveaux dossiers pour aujourd’hui”, Paulette et Juliette font la comptabilité. Au bout du compte, ils comptaient plus d’une vingtaine de nouvelles inscriptions. Dans cette salle lumineuse face au restaurant universitaire du campus de Tarbes, le Secours Populaire distribue aux étudiants nécessiteux tous les lundis. Ce lundi c’était la grande reprise des activités. Une rentrée pas comme les autres car il manque certains produits. Paulette et Juliette, deux bénévoles présentes sur le campus de Tarbes depuis la création de cette antenne du Secours Populaire en 2015, nous emmènent dans la réserve où sont conservés les produits issus des collectes de l’association et des fonds européens les plus défavorisés (FEAD) . Stockés dans des boîtes vertes pliables sur une grande étagère, ces aliments sont ensuite distribués aux élèves. Mais certains étages sont vides depuis des semaines : “Nous n’avons plus de pétrole”, note Paulette. La FEAD ne nous l’a pas livré. Nous offrons du beurre à la place.

See also  Les défis de l'Afrique face aux mutations géostratégiques débattus à Abidjan

L’an dernier, sur les 6 000 étudiants de Tarbes, plus de 500 se sont inscrits pour bénéficier de l’aide de l’association. Un chiffre alarmant qui met en lumière la précarité qui touche de plus en plus de jeunes. “Je ne reçois que 600 euros par mois de mes parents”, avoue Aymame, un étudiant qui vient d’arriver à Tarbes. Il poursuit : « J’ai vraiment besoin de cette aide car j’ai à peine de quoi payer mon loyer. Je vais aussi faire quelques courses, mais c’est trop cher. » Alors que l’inflation frappe durement le pays, les étudiants sont parmi les premières victimes, ce qui pourrait bien impacter le nombre de dossiers qui tombent entre les mains des bénévoles du Secours populaire. “Je pense qu’au rythme où vont les choses, nous allons inscrire plus d’étudiants cette année”, a déclaré Paulette.

“Au début, j’avais honte de venir”

Morgane, 24 ans, est salariée du Secours populaire, mais avant d’aider les plus jeunes, elle a bénéficié du soutien de l’association jusqu’à l’année dernière. Elle témoigne : « Au début, j’avais honte de venir. J’ai eu un sentiment étrange en réalisant que j’avais besoin d’aide, mais si je voulais de la nourriture dans mon assiette, je devais venir. Si vous allez de l’autre côté. » en tant qu’employé, vous pouvez vraiment voir la misère des étudiants. Je me sens utile ici.

See also  Le chef Simone Zanoni révèle les pires crimes culinaires de la cuisine italienne

Chaque lundi plus d’une cinquantaine de jeunes nécessiteux viennent dans cette salle pour bénéficier de ce “coup de pouce”. En payant 3€, chaque étudiant peut emporter chez lui une dizaine de produits entre lait, céréales, gâteaux, riz, pâtes, conserves, œufs ou encore produits frais et surgelés, entre autres. “On ne se dispute pas sur les montants”, ajoute Paulette. De plus, le Crous a maintenu le repas à 1€ pour tous les boursiers. Ce qui soulage une partie du porte-monnaie des élèves est particulièrement touché cette rentrée 2022.