SOS homophobie accuse le football français d’être le “champion du monde de la honte”.

By | November 22, 2022

La Coupe du monde de football vient à peine de commencer, mais les critiques pleuvent déjà. Non seulement aucun joueur ou équipe ne boycotte la compétition, mais tout geste de soutien aux personnes opprimées ou exploitées est interdit par la FIFA ou les fédérations nationales. Dans ce contexte, l’association SOS homophobie dirige une attaque majeure contre le football français, qu’elle accuse “Champion de la honte”.

Photo : charnsitr/Shutterstock

Dans un communiqué publié ce mardi 22 novembre, SOS homophobie exhorte les Françaises et les Français à ne pas regarder le match de l’équipe de France. Pour eux, la coupe est pleine. Trop d’insouciance, trop de complaisance, trop de soumission “Les lois d’un pays qui criminalisent l’existence même des personnes LGBTI.”

Voici ce communiqué de presse concis et simple :

« Fini les réponses évasives et les grandes déclarations sur les valeurs du football ou du sport. En attendant, des positions claires ont été prises sur le sujet : En 2022, pour la FIFA et pour la Fédération française de football (FFF), la vie et les droits des personnes LGBTI ne vaudront guère plus qu’un ballon.

Pour le président de la FIFA, “le football est synonyme d’espoir, il nous unit dans la joie, la passion, l’amour et la diversité” mais pas assez pour permettre aux joueurs de porter un brassard arc-en-ciel. en-ciel pour montrer leur soutien aux personnes LGBTI persécutées, notamment au Qatar.

La FFF n’est pas du premier coup : en 2019, son président Noël Le Graët s’était prononcé contre la suspension des matches en cas de chants homophobes de supporters.

C’est désormais au capitaine de l’équipe de France, Hugo Lloris, d’expliquer que les chants homophobes font partie du “folklore” et qu’il portera le brassard arc-en-ciel en soutien aux personnes LGBTI lors de la Coupe du monde de football 2022 organisée par le Qatar ne le portera pas car ” nous ne serons peut-être pas d’accord, mais je ferai preuve de respect”.

“Ceci” sont les lois d’un pays qui criminalise l’existence des personnes LGBTI, les torture, les punit de longues peines de prison et même de la peine de mort.

Que respecter dans un État où le sexisme et la phobie LGBTI sont non seulement légaux mais institutionnalisés ?

Compte tenu de la visibilité offerte à cet événement, il était de la responsabilité de chacun de ne pas participer à la normalisation des pratiques criminelles et draconiennes de cet État, faute de courage, à moins de vouloir en être complice.

Évidemment, les personnes LGBTI ne doivent pas compter sur la FIFA, la FFF, les joueurs de l’équipe de France, le ministre des sports ou les médias qui assisteront à la retransmission de la Coupe du monde pour ne serait-ce qu’un témoignage de soutien, encore moins une action.

Il est sans doute temps pour eux de s’habituer à l’idée que ni la haine ni le droit pénal ne réussiront à nous empêcher, nous les personnes LGBTI, d’être qui nous sommes, d’aimer qui nous voulons et d’être visibles, avec ou sans leur aide.

SOS Homophobie, groupe féministe de défense des droits des personnes LGBTI, ne déposera jamais les armes. Nous parviendrons coûte que coûte à une réelle égalité pour tous, avec ou sans l’aide du football français quand il préfère soutenir des États criminels et obscurantistes.

Par conséquent, et puisque la seule valeur que le football semble véhiculer est celle de l’argent, SOS homophobie appelle tout le monde à le frapper au seul endroit qui compte pour lui, en regardant le match de l’équipe de France comme tout le monde à boycotter les suivants.

Un message clair et sans ambiguïté.

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