Vitrines en mode nuit

By | November 22, 2022

À compter du 7 octobre, les fenêtres, enseignes et enseignes lumineuses doivent être éteintes entre 1 h et 6 h. Une mesure acceptée tant par les petites entreprises que par les consommateurs, conscients des besoins économiques et environnementaux auxquels elle répond.

Claire Brugier

Depuis le 7 octobre, les fenêtres, enseignes et enseignes lumineuses doivent être éteintes entre 1h et 6h du matin à quelques exceptions près. Le décret n’est pas nouveau. Inscrite dans la Loi Climat et Résilience en 2021, elle figurait déjà dans le Grenelle 2… en 2010 ! Mais le “nouveau” texte supprime désormais le seuil des 800.000 habitants, en dessous duquel jusqu’alors seule une ordonnance locale sur la publicité pouvait le faire respecter. Localement, « 98 % des commerçants du centre-ville de Poitiers éteignent déjà leurs fenêtres la nuit », précise Jean-Baptiste Dubreuil. Le président de Poitiers le Centre évoque “la prise de conscience écologique des commerçants” dans le contexte de la crise énergétique et de l’urgence climatique. “Éteindre la fenêtre, c’est comme fermer la porte de votre magasin lorsque la climatisation est en marche. Consommer et entreprendre de manière écologique, l’un ne va pas sans l’autre. Et puis un flagship ne divisera pas nos ventes par deux. »

See also  Que proposent les étudiants de l'Institut Marangoni ?

La démarche a également fait son chemin à Châtellerault. « Les commerçants éteignent spontanément leurs vitrines, la nuit et même entre 00h00 et 02h00, surtout les indépendants. Les grandes enseignes sont un peu différentes, note Nathalie Deranty de la Fédération des acteurs économiques (FAE). Nous avions prévu de partager des informations avec le sous-ministre, mais nous ne l’avons pas fait. Et avec les vacances qui approchent, ce n’est pas le moment. “Suite à un courrier envoyé fin février, la ville de Poitiers a conçu un tract à destination des commerçants sur le thème ‘l’extinction nocturne des enseignes et des vitrines’. Et Poitiers le Centre travaille avec des partenaires comme Enedis sur un projet plus large de sensibilisation et de prévention.

“Une vraie agence”

Les groupes environnementaux sont également particulièrement vigilants en matière de pollution lumineuse. Dans la nuit du 5 novembre, plusieurs d’entre eux, à l’initiative de Greenpeace France, ont entrepris de couvrir voire d’éteindre les enseignes lumineuses. “Cette action a été très bien accueillie par le public”, souligne Alain Pouhet. Nous avons eu plus de 12 000 likes sur Facebook, ce qui nous a même valu un message sur une activité inhabituelle sur le site ! sourit l’activiste de Greenpeace Poitiers.

See also  Je suis un décrocheur universitaire dont le battage au lycée était un "crime de mode"... maintenant je suis millionnaire

A l’échelle nationale, la pétition en ligne appelant à la disparition des panneaux d’affichage numériques a déjà recueilli près de 49 000 signatures. “On peut amorcer un cercle vertueux quand l’humeur de la population change”, poursuit Alain Pouhet. Nous avons vu cela depuis le marquage de 1 à 3 œufs. Les numéros 3 se sont moins vendus, les producteurs ont dû s’adapter. Le consommateur a une véritable agence. « De la même façon, « il peut être intéressant de communiquer pourquoi une vitrine n’est pas éclairée et semble moins gaie », note Nathalie Deranty, en soulignant le coût et l’impact environnemental. L’utilisation limitée ou inexistante de l’éclairage des vitrines ou des enseignes lumineuses pourrait devenir à terme un véritable argument marketing.